M6 diffuse ce dimanche 30 novembre à 23h15 un nouvel épisode d’Enquête exclusive consacré à une forme de délinquance qui ne se remarque pas toujours mais dont l’ampleur, chiffre après chiffre, dessine une réalité brutale. Loin des centres urbains et loin des représentations habituelles du crime organisé, ce sont désormais les campagnes françaises qui, semaine après semaine, déposent près de trois cents plaintes pour vols. Derrière ces faits divers épars se cache un phénomène structuré : une razzia méthodique sur les exploitations agricoles, menée par des réseaux venus d’Europe de l’Est et attirés par un butin dont la valeur se chiffre en millions d’euros.
À l’approche de Noël, cette criminalité se fond dans la saison et s’accroche aux pratiques du pays : dindes, fromages, produits de la ferme, mais aussi matériel high-tech… Tout peut être revendu, et parfois très cher.
Des vols ciblés et une économie parallèle très rentable
Le documentaire, réalisé par Steeven Ballein, Dimitri Sikiotakis et Marion Chevalet pour Cartel, explore ce paysage rural mis sous pression. Les vols les plus simples — volailles, légumes, produits transformés — côtoient désormais des opérations plus sophistiquées. Les braquages de fermes, moins risqués qu’une attaque de fourgon et beaucoup plus rentables que de petits trafics, attirent une délinquance mobile et organisée.
Les GPS agricoles sont devenus l’un des objets les plus recherchés : ces outils de guidage de précision, indispensables aux exploitations modernes, peuvent être revendus jusqu’à 10 000 euros l’unité sur le marché noir. Leur vol a augmenté de 25 % en un an, symbole d’un banditisme rural qui se modernise aussi vite que l’agriculture elle-même.
L’émission donne la parole à l’un de ces voleurs, qui décrit ses méthodes et les angles morts logistiques des fermes de la grande région parisienne. Ses révélations rappellent que ces vols, pourtant passibles de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende, s’inscrivent dans une économie parallèle très active.
Des réseaux structurés suivis par l’OCLDI
Ces gangs ne travaillent pas au hasard. Ils ciblent les exploitations de plusieurs régions en une seule nuit, laissent derrière eux des pertes considérables, et repartent avec du matériel ou des animaux facilement monnayables. Les enquêteurs de l’OCLDI — l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante — collaborent désormais avec des policiers venus de Lituanie, de Roumanie, de Moldavie ou de Géorgie pour suivre ces réseaux transnationaux.
L’enquête de M6 remonte l’une de ces filières jusqu’en Ukraine, où les journalistes retrouvent un des plus importants revendeurs de matériel volé en France. Une partie des marchandises transite cachée dans des bus longue distance, avant d’être revendue cinq fois moins cher en ligne.
Des agriculteurs excédés et une inquiétude grandissante
Face à ces razzias répétées, beaucoup d’agriculteurs s’équipent de systèmes de surveillance, mais cela ne suffit pas à apaiser la tension. Le sentiment d’abandon s’installe et certains, excédés, affirment être prêts à se défendre eux-mêmes.
Le documentaire montre cette frontière délicate où la solidarité rurale, la fatigue économique et la peur forment un terrain propice aux débordements.
En suivant ces trajectoires — celles des voleurs, des enquêteurs et des agriculteurs —, Enquête exclusive donne à voir une forme de criminalité souvent invisible, mais qui façonne aujourd’hui le quotidien de milliers de familles rurales.
Rendez-vous ce dimanche 30 novembre à 23h15 sur M6 pour cette immersion dans les campagnes françaises sous pression.
