Ce samedi 3 octobre à 14h50, « Grands reportages » raconte sur TF1 l’histoire méconnue des Bretons de New York, l’une des plus anciennes communautés françaises de la ville. Ce numéro inédit est disponible en replay sur TF1+.

Une vague d’émigration née de la misère

Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, près de 100 000 Bretons ont fui la pauvreté des campagnes pour tenter leur chance dans la ville qui ne dort jamais. Plus largement, entre 1885 et 1970, ce sont plus de 115 000 Bretons qui ont quitté leur région pour l’Amérique. Une partie importante d’entre eux a rejoint New York, au point qu’à la Belle Époque et pendant l’entre-deux-guerres, les Bretons constituaient la majorité des immigrés français de la ville.

L’ouverture, en 1901, d’une usine Michelin à Milltown, dans le New Jersey, a joué un rôle décisif : près de 3 000 Bretons originaires des environs de Gourin et de Roudouallec y sont venus travailler. D’autres se sont tournés vers la restauration new-yorkaise, où de nombreux établissements tenus par des Bretons employaient serveurs, plongeurs et commis, parfois arrivés sans parler un mot de français standard, langue qu’ils n’ont apprise qu’une fois sur place.

Des quartiers bretons au cœur de Manhattan

À leur arrivée, beaucoup se sont installés dans le quartier de Hell’s Kitchen, à Manhattan, avant qu’une partie de la communauté ne migre vers Astoria et Woodside, dans le Queens. En 1967, la ville comptait encore 12 000 Bretons, soit plus d’un tiers de la population française totale de New York à cette époque : un poids démographique considérable pour une région qui ne représente qu’une petite partie du territoire français.

  • Près de 100 000 Bretons se sont installés à New York entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle.
  • En 1967, la ville comptait encore 12 000 Bretons, plus d’un tiers des Français de New York.
  • Aujourd’hui, la communauté bretonne de New York serait encore forte de plus de 5 000 personnes.
  • Une association, BZH New York, organise toujours fest-noz et événements culturels bretons dans la ville.

Certains sont restés et devenus de vrais Américains, d’autres sont rentrés au pays. Mais les liens ne se sont jamais rompus.

À retenir

Près d’un siècle et demi après les premières vagues d’émigration, la communauté bretonne de New York continue d’entretenir ses traditions : danse, musique et langue bretonne se transmettent encore, notamment via l’association BZH New York, qui organise régulièrement des fest-noz et des événements culturels dans la ville.

Une culture qui a survécu à la traversée de l’Atlantique

C’est tout l’objet de ce « Grands reportages » : montrer comment, plus d’un siècle après les premiers départs, cette communauté a su préserver une identité propre, entre intégration réussie à la société américaine et fidélité à ses racines. Fêtes, bagadoù, langue bretonne transmise de génération en génération : le documentaire part à la rencontre de ces New-Yorkais pas comme les autres, pour qui la Bretagne reste, souvent à des milliers de kilomètres de distance, une part intime de leur identité.

Le poids du passé dans le quotidien d’aujourd’hui

Beaucoup de descendants de ces premiers immigrants bretons ont aujourd’hui une double identité pleinement assumée : américains de naissance, mais nourris dès l’enfance de récits familiaux, de spécialités culinaires ou de fêtes traditionnelles venues de l’autre côté de l’Atlantique. D’autres ont fait le chemin inverse et sont rentrés s’installer en Bretagne après plusieurs années new-yorkaises, tissant un lien permanent entre les deux rives. Le documentaire donne la parole à ces trajectoires croisées, entre exil économique d’hier et attachement culturel toujours vivace aujourd’hui.

JourHoraireCaseReplay
Samedi 3 octobre14h50Grands reportagesTF1+