Dimanche 11 octobre à 12.00 sur France 3 et sur france.tv, le magazine « Nous, les Européens », présenté par Eléonore Gay, pose ses caméras en Finlande. Un pays de 5,6 millions d’habitants qui a fait de la préparation à la crise une affaire nationale, à l’heure où l’Europe s’interroge sur sa capacité à se défendre.

Une nation en alerte face à la Russie

Avec ses 1 340 kilomètres de frontière commune avec la Russie, la Finlande n’a jamais oublié l’histoire. Le souvenir de la guerre d’Hiver de 1939-1940, lorsque la petite armée finlandaise tint tête à l’Union soviétique, irrigue encore la culture stratégique du pays. En 2023, Helsinki a franchi un cap historique en rejoignant l’OTAN, tournant le dos à des décennies de non-alignement. Mais la véritable singularité finlandaise tient à son modèle de « défense totale » : ici, protéger le pays n’est pas l’affaire des seuls militaires, mais de l’ensemble de la société, de l’école à l’entreprise, de l’agriculteur au haut-fonctionnaire.

Quand la défense devient l’affaire de tous

Le service militaire reste obligatoire pour les hommes dès 18 ans, et près de 900 000 réservistes ont déjà reçu une formation. En cas de conflit, le pays prévoit de mobiliser environ 280 000 soldats, soutenus par cette immense réserve. Pour « Nous, les Européens », les équipes ont suivi Sallamari Kurki, qui chasse près de la frontière russe et se dit prête à prendre les armes ; comme beaucoup de foyers finlandais, elle conserve chez elle des réserves pour tenir plusieurs jours. Le reportage montre aussi des dirigeants d’entreprise et des décideurs formés à réagir en situation de guerre, ou encore ces tourbières réensauvagées pour des raisons écologiques… et qui pourraient aussi ralentir une colonne de chars.

  • 1 340 km de frontière commune avec la Russie.
  • Environ 1,5 million d’armes à feu pour 5,6 millions d’habitants.
  • 280 000 soldats mobilisables, appuyés par près de 900 000 réservistes.
  • Un réseau de plus de 50 000 abris de protection civile.
  • Adhésion à l’OTAN actée en 2023.

1,5 million d’armes à feu pour 5,6 millions d’habitants : en Finlande, la défense n’est pas une abstraction, elle se vit au quotidien.

Le saviez-vous ?

La Finlande dispose d’un réseau d’environ 50 500 abris capables d’accueillir près de 4,8 millions de personnes, soit la quasi-totalité de sa population. En temps de paix, ces espaces souterrains servent de piscines, de parkings, de gymnases ou de skateparks, avant d’être transformés en refuges en quelques heures seulement, avec leurs propres réserves d’eau, d’air et d’énergie.

Mikko Hyppönen, du malware au drone

Parmi les visages du reportage figure Mikko Hyppönen, référence mondiale de la cybersécurité. Après un quart de siècle passé à traquer les virus informatiques, ce Finlandais, qui vit à quelques heures de route de la frontière russe, a réorienté son expertise vers la lutte anti-drones, enjeu devenu crucial depuis la guerre en Ukraine. Sa comparaison est éclairante : combattre les drones ressemble beaucoup à combattre les logiciels malveillants, un éternel jeu du chat et de la souris où l’on cherche à détecter des menaces qui ne veulent pas être vues. Un symbole, aussi, de cette manière très finlandaise de mettre toutes les compétences du pays au service de la sécurité collective.

« Si tu veux la paix, prépare la guerre » : un proverbe latin qui pourrait bien être finlandais.

Quand et où regarder

ÉmissionNous, les Européens – « Finlande : la défense, l’affaire de tous »
ChaîneFrance 3
DiffusionDimanche 11 octobre 2026
Horaire12.00
Streaming / replayfrance.tv et franceinfo
PrésentationEléonore Gay
GenreMagazine européen – géopolitique

Un effort qui monte en puissance

Cette vigilance se traduit aussi dans les budgets : ces dernières années, la Finlande a porté ses dépenses de défense autour de 2,5 % de son produit intérieur brut. La mobilisation dépasse le seul cadre militaire : à l’automne 2026, le pays a organisé à Kuopio un vaste exercice de protection civile, présenté comme l’un des plus importants menés en Europe depuis 1945. De quoi illustrer, concrètement, cette idée que la résilience d’un pays se construit autant dans les têtes que dans les casernes.