France 3 rouvre l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire du Var. Lundi 12 octobre à 22.50, dans La ligne bleue, et sur france.tv, le documentaire Barrage de Malpasset, la mémoire engloutie revient sur la catastrophe de 1959, à travers la voix des survivants et le récit, heure par heure, d’une nuit qui a bouleversé toute une ville.
Une nuit d’horreur racontée heure par heure
Le 2 décembre 1959, peu après 21 heures, le barrage de Malpasset, près de Fréjus, cède après plusieurs jours de pluies intenses. Une vague de boue déferle dans la vallée du Reyran, emportant maisons, routes et vies humaines jusqu’à la Méditerranée. En quelques minutes, 423 personnes, dont 135 enfants, trouvent la mort. Parmi les survivants, Simone Mercier, alors âgée de 12 ans, perd ses parents et sa tante. Près de soixante-dix ans plus tard, elle revient sur les lieux pour raconter ce drame.
À travers les témoignages de rescapés, des images d’archives et des séquences animées, le film reconstitue la catastrophe minute par minute, mais aussi ses conséquences. Car au-delà du drame humain, Malpasset a révélé les failles de la France de l’époque : absence d’alerte, insuffisance des secours, interrogations sur la sécurité des ouvrages.
{{BODY_IMG_1}}Le saviez-vous ? Une faille géologique fatale
Malpasset était un barrage-voûte, une fine coque de béton de quelque 60 mètres de haut, réputée pour sa légèreté et son élégance. La rupture est survenue lors de la première mise en eau, phase critique de la vie d’un ouvrage, alors qu’environ 50 millions de mètres cubes d’eau étaient retenus. Les expertises l’établiront : la qualité du béton n’était pas en cause, mais les fondations reposaient sur une roche traversée par une faille tectonique qui n’avait été ni détectée ni soupçonnée. L’ouvrage avait été conçu par André Coyne, spécialiste mondialement reconnu des barrages-voûtes, qui mourra quelques mois après la catastrophe.
En quelques minutes, une vague dévaste la vallée du Reyran : 423 morts, dont 135 enfants.
Une catastrophe qui a changé la France
Le documentaire raconte aussi l’immense élan de solidarité qui suit le drame, en France comme à l’étranger, et montre comment cette tragédie a fait évoluer la société. Dans la vallée, la nationale 7 et la voie ferrée sont emportées sur plusieurs centaines de mètres, Fréjus se retrouve isolée, privée d’eau, d’électricité et de téléphone. Le choc débouche sur des réformes durables : renforcement de la réglementation technique, transformation des dispositifs de secours et création d’un comité permanent chargé de surveiller les grands barrages. Autant de mesures qui feront date dans l’histoire de la sécurité des ouvrages hydrauliques.
Le contexte
La collection La ligne bleue raconte celles et ceux qui, au cœur de nos territoires, s’engagent, se battent et partagent des combats — personnels ou collectifs. En donnant la parole aux survivants de Malpasset, le film relève d’un même geste : transmettre la mémoire d’un événement qui a durablement marqué la France, pour que rien ne s’efface.
Un site devenu lieu de mémoire
Aujourd’hui encore, les vestiges du barrage éventré subsistent en amont de Fréjus, dressés comme un mémorial à ciel ouvert. Le Reyran a été canalisé, la vallée s’est peu à peu reconstruite, mais la cicatrice reste vive dans la mémoire locale. Chaque année, des hommages rappellent le nom des victimes, et le lieu attire visiteurs et curieux venus mesurer l’ampleur du désastre. En redonnant la parole à celles et ceux qui ont vécu cette nuit, le documentaire prolonge ce travail de mémoire et rappelle que, derrière les chiffres, se cachent des visages, des familles et des vies brisées.
Ce qu’il faut savoir
- Un documentaire de 52 minutes réalisé par Matthieu Darnon ;
- diffusé dans la collection La ligne bleue ;
- une production Seiya Production ;
- porté par le témoignage de Simone Mercier, rescapée de la catastrophe ;
- un récit mêlant archives, témoignages et animation.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 3 |
| Diffusion | Lundi 12 octobre 2026 |
| Horaire | 22.50 |
| Streaming / replay | france.tv |
| Durée | 52 min |
| Genre | Documentaire (La ligne bleue) |

