Mercredi 2 septembre 2026 à 21h00, Arte diffuse L’histoire de Souleymane, le film de Boris Lojkine récompensé à Cannes et aux César. Une plongée haletante dans quarante-huit heures de la vie d’un jeune livreur sans-papiers, à Paris.

Deux jours dans la peau d’un livreur sans-papiers
Souleymane, vingt ans, originaire de Guinée, pédale sans relâche dans les rues de Paris pour une plateforme de livraison de repas. Le film suit son quotidien épuisant, rythmé par les commandes, les retards et la précarité. Dans deux jours, il doit passer un entretien décisif pour sa demande d’asile, et répète sans cesse un récit qui n’est pas le sien, fabriqué pour convaincre l’administration.
Construit comme un thriller du réel, le récit avance à la vitesse d’un vélo lancé dans la circulation. Le compte à rebours vers l’entretien donne au film une tension permanente, tandis que se dessine, en creux, le portrait d’une réalité sociale que l’on croise chaque jour sans toujours la voir.
Abou Sangaré, une révélation
Le rôle-titre est porté par Abou Sangaré, dont l’interprétation a bouleversé la critique et le public. Son visage, sa présence et sa retenue donnent au personnage une vérité rare. Autour de lui, on retrouve notamment Nina Meurisse. La justesse du casting, mêlant comédiens et visages moins connus, participe à l’impression de documentaire vécu qui traverse le film.
La reconnaissance a été à la hauteur de l’émotion suscitée. Présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, le film y a été doublement primé, avant de s’imposer lors de la saison des récompenses, où Abou Sangaré a été salué pour sa performance. Un parcours qui a fait de ce long-métrage l’un des événements du cinéma français de son année.
Un film qui parle de son époque
Au-delà du cas particulier de Souleymane, le film met en lumière les rouages de l’économie des plateformes, la sous-traitance des comptes de livreurs et la fragilité de ceux qui vivent sans papiers. Il le fait sans discours ni démonstration, en s’attachant aux gestes concrets et aux visages, ce qui rend son propos d’autant plus fort.
Boris Lojkine, déjà remarqué pour ses précédents films tournés au plus près du réel, signe ici une œuvre à la fois tendue et profondément humaine. La mise en scène, nerveuse et immersive, épouse le rythme de son héros et ne le lâche jamais, jusqu’à un final d’une grande intensité.
Ce qu’il faut savoir
- Un film récompensé à Cannes (Un Certain Regard) et lors de la saison des César.
- Abou Sangaré, révélation saluée pour son interprétation.
- Un récit sous tension, construit comme un compte à rebours de quarante-huit heures.
- Un regard aigu sur l’économie des plateformes et la condition des sans-papiers.
Un thriller du réel qui court à la vitesse d’un vélo de livreur dans Paris.
Diffuser ce film en première partie de soirée, c’est aussi le choix d’une chaîne attachée au cinéma d’auteur et aux regards engagés sur le monde. L’histoire de Souleymane prolonge une tradition de films qui, en partant d’une histoire singulière, éclairent des réalités collectives. Le spectateur en ressort avec le visage d’un homme et, avec lui, une compréhension plus fine de ce que recouvre le mot exil. C’est cette capacité à incarner un sujet abstrait dans un destin concret qui fait la force du long-métrage.
À retenir
L’histoire de Souleymane est diffusé ce mercredi 2 septembre 2026 à 21h00 sur Arte. Un film de Boris Lojkine multiprimé, porté par la révélation Abou Sangaré.
| Chaîne | Jour | Horaire | Type | Réalisation |
|---|---|---|---|---|
| Arte | Mercredi 2 septembre 2026 | 21h00 | Prime – cinéma | Boris Lojkine (2024) |

