Et si Woodstock avait eu une suite, non pas aux États-Unis, mais sous le soleil brûlant de la Provence ? Vendredi 18 septembre 2026 à 23.10, France 5 diffuse Riviera 76, le Woodstock oublié, un documentaire de 60 minutes qui ressuscite, grâce à des archives inédites, l’un des plus grands festivals ratés de l’histoire de la pop culture française.
Un rêve hippie sous le soleil du Var
En juillet 1976, les organisateurs américains du mythique Woodstock débarquent en France avec une ambition démesurée : offrir au circuit du Castellet, dans le Var, le plus grand rassemblement musical jamais organisé sur le continent européen. Sur scène, une affiche de rêve — Joe Cocker, Betty Davis, Gil Scott-Heron, Magma ou encore John McLaughlin — joue devant une étrange colonie de jeunes gens chevelus venus chercher musique, liberté et rêves grandeur nature. Derrière l’atmosphère psychédélique, pourtant, tout part joyeusement de travers.

Le fiasco d’un festival maudit
Pensé pour attirer jusqu’à 200 000 spectateurs, l’événement, organisé du 24 au 26 juillet 1976, n’en réunit finalement qu’environ 35 000. Chaleur infernale, finances dans le rouge, resquilleurs par milliers, artistes impayés : le rêve tourne au cauchemar. La vedette de l’affiche, Joe Cocker — l’un des héros du Woodstock original — s’effondre sur scène après seulement quelques chansons. Et dans les coulisses, l’ombre du milieu varois plane sur la caisse. De ces trois jours de musique et de fête, aucun film, aucun disque ne viendra témoigner. Comme si Riviera 76 n’avait été qu’un mirage enfumé sous le soleil du Midi.
Pendant près d’un demi-siècle, aucune image, aucun disque n’a témoigné de ces trois jours de musique et de chaos.
Comment l’INA a fait renaître un trésor perdu
Le miracle vient d’une cave parisienne, où réapparaissent des centaines de bobines 16 mm oubliées depuis près de cinquante ans. Des images brutes, électriques, qui réveillent la mémoire du festival maudit. Coproducteur du documentaire aux côtés d’Alma Productions, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) a mobilisé toutes ses expertises patrimoniales et technologiques pour sauvegarder, restaurer et valoriser ces archives. Documentalistes, restaurateurs, techniciens de l’image et du son ont uni leurs savoir-faire autour de ce chantier hors norme, ressuscitant des dizaines d’heures d’images disparues — parmi lesquelles les seules séquences existantes de la chanteuse Betty Davis sur scène.
Le saviez-vous ?
Pionnière d’un funk incandescent et avant-gardiste, Betty Davis fut brièvement l’épouse de Miles Davis, à la fin des années 1960. C’est elle qui initia le trompettiste au rock de Jimi Hendrix et au funk de Sly and the Family Stone, influence décisive sur le virage électrique de l’album Bitches Brew. Les images de Riviera 76 constituent aujourd’hui un document rarissime sur cette artiste culte.
La fin d’un monde
À travers les témoignages de festivaliers, de techniciens et de journalistes, et avec la participation exceptionnelle de Christian Vander, leader du groupe Magma, Riviera 76 raconte bien plus qu’un concert raté. Le film met en scène la collision spectaculaire entre l’utopie hippie américaine et une certaine réalité française des années 1970 — la fin des dernières transhumances hippies, quand une jeunesse croyait encore que la musique, l’amour et la fête pouvaient changer la vie. Cinquante ans plus tard, le plus grand festival oublié de la pop culture française retrouve enfin sa place dans notre mémoire collective.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 5 |
| Diffusion | Vendredi 18 septembre 2026 |
| Horaire | 23.10 |
| Streaming / replay | france.tv |
| Durée | 60 minutes |
| Réalisation | Christophe Duchiron (Alma Productions / INA) |
Un voyage musical et nostalgique à ne pas manquer pour les amateurs de rock, de funk et d’histoires oubliées, à découvrir en fin de soirée ou en replay sur france.tv.

