« Enquête de santé » consacre une soirée aux traitements hormonaux et, en particulier, à l’Androcur. Le documentaire d’Élise Richard, suivi d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse et Enora Malagré, est disponible dès le mercredi 7 octobre sur france.tv et prochainement sur France 5.

C’est l’histoire d’un médicament que l’on croyait miraculeux. Pendant des décennies, l’Androcur, un progestatif de synthèse dérivé de la progestérone, a été prescrit à des dizaines de milliers de femmes pour traiter l’hyperpilosité, l’acné, les dysfonctionnements ovariens, ou comme contraceptif. Derrière cette prescription largement banalisée se cachait pourtant un risque grave : le développement de méningiomes, des tumeurs intracrâniennes pouvant entraîner d’importants déficits neurologiques et nécessiter des opérations lourdes.

Une enquête née d’une histoire personnelle

La réalisatrice Élise Richard connaît le sujet de l’intérieur : après une dizaine d’années de traitement, elle découvre qu’elle est elle-même atteinte d’un méningiome. Son histoire devient le point de départ d’une enquête à la fois intime et journalistique. Comment un tel médicament a-t-il pu être prescrit aussi massivement, aussi longtemps, sans mise en garde particulière ? Qui connaissait les risques ? Pourquoi les patientes n’ont-elles pas été alertées plus tôt ? À travers son propre parcours, les témoignages de nombreuses victimes et la parole d’experts, elle retrace le fil d’une affaire qui révèle un enchaînement de défaillances : prescriptions hors autorisation de mise sur le marché, alertes scientifiques minimisées, information insuffisante et communication tardive des autorités.

Enquête de santé consacrée aux traitements hormonaux
© 17 Juin Média

Ce qu’il faut savoir sur le risque de méningiome

Si les premières alertes scientifiques remontent au milieu des années 2000, il aura fallu attendre 2018 pour que les autorités sanitaires communiquent officiellement sur ce danger. Les travaux menés à partir de cette date ont établi que le risque de méningiome augmente nettement avec la dose et la durée du traitement : il est multiplié par sept environ chez les femmes exposées à de fortes doses sur une longue période, et jusqu’à une vingtaine de fois après plusieurs années de prise. Le risque ne se limite pas au seul Androcur : c’est toute une famille de progestatifs qui est aujourd’hui en cause. Depuis, les mesures d’encadrement et la surveillance par imagerie ont profondément modifié les pratiques, entraînant une chute spectaculaire des prescriptions et, dans leur sillage, du nombre d’interventions chirurgicales.

De 2009 à 2018, plus de 2 000 femmes ont dû être opérées d’un méningiome associé à la prise d’un progestatif — certaines en conservent de lourdes séquelles.

Le contexte

Après les premières mesures prises en 2018, l’usage des progestatifs les plus à risque s’est effondré et la surveillance par IRM s’est généralisée. Résultat : le nombre de femmes opérées d’un méningiome lié à ces traitements a été divisé par dix en quelques années. Un basculement rapide des pratiques qui illustre l’ampleur de l’exposition passée autant que l’efficacité, tardive, de l’encadrement.

Un documentaire suivi d’un débat en public

Fidèle à la formule d’« Enquête de santé », le film est prolongé par un débat en plateau. Marina Carrère d’Encausse y interroge des experts, tandis qu’Enora Malagré donne la parole à des témoins, pour mettre en perspective les enjeux médicaux, humains et de santé publique soulevés par l’affaire.

  • Réalisation : Élise Richard
  • Présentation du débat : Marina Carrère d’Encausse, avec la participation d’Enora Malagré
  • Format : documentaire inédit (52 min) suivi d’un débat
  • Production : 17 Juin Média

Quand et où regarder

ChaîneDiffusionHoraireStreaming / replay
France 5Prochainement (magazine « Enquête de santé »)france.tv (dès le mercredi 7 octobre)
Genre : documentaire + débatDurée : 52 min (+ débat)

En donnant la parole aux patientes et aux spécialistes, « Traitements hormonaux : un nouveau scandale sanitaire ? » revient sur une affaire qui interroge la chaîne du médicament, de la prescription à l’information des patientes — et rappelle l’importance du suivi médical face à ces traitements.