Le Procès Goldman, le film de Cédric Kahn consacré au second procès de Pierre Goldman, arrive sur Arte le 20 mai. Sorti au cinéma en 2023, ce drame judiciaire revient sur une affaire qui a traversé la France des années 1970, entre justice, politique, mémoire familiale et fracture sociale.

Un procès devenu miroir de la France des années 1970

Le film se déroule en avril 1976, lors du second procès de Pierre Goldman. L’homme est alors jugé pour le double meurtre de deux pharmaciennes, commis lors d’un vol à main armée en décembre 1969. Goldman reconnaît plusieurs braquages, mais il nie avoir participé à ce double meurtre.

 

La première condamnation à la prison à perpétuité, prononcée en 1974, a été annulée par la Cour de cassation. Le nouveau procès devient alors un lieu de tension extrême. La salle d’audience concentre les débats d’une époque marquée par les héritages de la Résistance, les combats de l’extrême gauche, les accusations de racisme policier et la défiance envers la justice.

Cédric Kahn ne filme pas seulement un accusé face à ses juges. Il filme une parole qui s’affronte à une autre parole, dans un tribunal où chaque témoignage peut déplacer la perception du spectateur.

Un film construit comme une audience sous pression

Le Procès Goldman repose sur un choix radical. Le scénario reconstitue les débats du procès à partir d’un important travail d’archives mené par Nathalie Hertzberg, avec des dialogues issus notamment de la presse de l’époque, de documents judiciaires et de courriers. Le film ne s’appuie pas sur des commentaires extérieurs ou des interviews face caméra. Tout passe par l’audience.

Cette approche donne au film une tension particulière. Le spectateur reçoit les éléments au même rythme que la cour. Il entend les contradictions, les hésitations, les attaques et les silences. Il doit se situer lui-même face à ce qui est dit.

Cédric Kahn ajoute cependant certains éléments fictifs. Cette part de fiction a été contestée par Christiane Succab-Goldman, veuve de Pierre Goldman, notamment au sujet de sa présence représentée au tribunal et de certains propos attribués à son personnage. Cette controverse rappelle que le film travaille sur une matière historique encore sensible.

Arieh Worthalter face à Arthur Harari dans un duel d’acteurs

Le film doit beaucoup à son interprétation. Arieh Worthalter incarne Pierre Goldman, homme en lutte permanente contre l’institution judiciaire, mais aussi contre sa propre image publique. Sa performance a été saluée par plusieurs prix, dont le César du meilleur acteur en 2024.

Face à lui, Arthur Harari joue Georges Kiejman, l’un de ses avocats. Leur relation n’est jamais réduite à une simple alliance de défense. Goldman bouscule son avocat, le met en difficulté, refuse parfois les stratégies qui pourraient l’aider. Le film montre ainsi un accusé qui veut être défendu sans être simplifié.

La distribution réunit également Nicolas Briançon dans le rôle de maître Henri-René Garaud, avocat des parties civiles, Stéphan Guérin-Tillié dans celui du président, et Jerzy Radziwiłowicz dans celui d’Alter Goldman, le père de Pierre Goldman.

Un dispositif sec, sans musique, pour laisser parler les corps

Le tournage renforce cette impression d’immersion. Cédric Kahn a choisi un décor de tribunal filmé avec trois caméras, en lumière naturelle, sans musique d’accompagnement. Les gros plans restent rares, ce qui permet de conserver la salle d’audience comme un espace collectif.

Le film avance par regards, interruptions, gestes de fatigue et mouvements de la salle. Les soutiens de Goldman, les avocats, les témoins et les parties civiles deviennent les éléments d’un même champ de bataille verbal.

Cette mise en scène explique en partie pourquoi Le Procès Goldman a marqué la critique lors de sa présentation à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes 2023. Le film ne cherche pas à refermer l’affaire. Il montre comment un procès peut devenir le lieu où un pays regarde ses propres divisions.

Le Procès Goldman sera diffusé sur Arte le 20 mai, une occasion de revoir un film qui transforme une salle d’audience en théâtre politique et moral.

FAQ

Quand Le Procès Goldman est-il diffusé sur Arte ?

Le Procès Goldman est diffusé sur Arte le 20 mai.

De quoi parle Le Procès Goldman ?

Le film raconte le second procès de Pierre Goldman en 1976, après l’annulation de sa condamnation à la prison à perpétuité dans l’affaire du double meurtre de deux pharmaciennes.

Qui joue Pierre Goldman dans le film ?

Arieh Worthalter incarne Pierre Goldman. Son interprétation lui a valu le César du meilleur acteur en 2024.

Le Procès Goldman est-il inspiré d’une histoire vraie ?

Oui. Le film s’inspire du procès réel de Pierre Goldman, tout en intégrant certains éléments de fiction signalés par la production.