Ce mardi 3 novembre à 21h10, 6ter programme en première partie de soirée « L’Ours », le film de Jean-Jacques Annaud sorti en 1988. Près de quarante ans après, cette épopée animalière reste une prouesse de cinéma, portée par deux acteurs à quatre pattes et une mise en scène d’une rare ambition.

Une histoire sans un mot

Le récit suit Youk, un ourson qui coule des jours heureux auprès de sa mère jusqu’à ce qu’une pierre détachée d’une paroi le rende orphelin. Désemparé, il erre dans la nature à la recherche d’un réconfort qu’il croit trouver auprès de Kodiak Kaar, un grand ours adulte d’abord méfiant, qui finit par le prendre sous sa protection. Autour d’eux rôdent des chasseurs, bien décidés à traquer les deux animaux.

Le pari fou d’Annaud est de raconter cette histoire presque sans parole humaine, en se plaçant au plus près du regard animal. Le spectateur épouse le point de vue de l’ourson, ses peurs et ses émerveillements, dans une nature à la fois somptueuse et impitoyable.

L'Ours sur 6ter : le chef-d'œuvre animalier de Jean-Jacques Annaud où un ourson orphelin apprend à survivre
L’ours — image promotionnelle (6ter)

Une prouesse technique restée légendaire

Adapté du roman « The Grizzly King » de James Oliver Curwood, le film a nécessité un tournage hors norme dans les Dolomites et les montagnes de l’Ouest américain. Dressage patient des animaux, séquences impressionnantes et quelques effets ingénieux pour les scènes impossibles à filmer en conditions réelles : « L’Ours » a repoussé les limites du cinéma animalier de son époque.

Le résultat fut un immense succès public, salué pour sa beauté plastique et son souffle. Le film a durablement marqué les spectateurs, au point de rester une référence quand on évoque la représentation de la nature au cinéma. Son message, humaniste et écologiste avant l’heure, n’a rien perdu de sa force.

Raconter une histoire bouleversante sans un seul dialogue : le défi d’Annaud reste l’une des grandes audaces du cinéma français.

Un film à (re)voir en famille

Classé parmi les grands films accessibles à tous, « L’Ours » conserve un pouvoir d’émotion intact. Les plus jeunes s’attachent immédiatement au sort de Youk, tandis que les adultes redécouvrent la virtuosité d’une mise en scène qui ne cède jamais à la facilité. La rencontre entre l’ourson et le mâle solitaire, les scènes de chasse et les paysages vertigineux offrent un spectacle total.

Le film invite aussi à réfléchir au rapport de l’homme à l’animal et à la nature sauvage. Sans discours appuyé, il fait passer un plaidoyer pour le respect du vivant, d’autant plus efficace qu’il repose sur l’émotion plutôt que sur la démonstration.

  • Un film quasi muet, raconté du point de vue des animaux.
  • Un tournage spectaculaire dans des décors de montagne grandioses.
  • Une adaptation du roman « The Grizzly King » de James Oliver Curwood.
  • Un classique familial à la portée écologiste toujours d’actualité.

À retenir

« L’Ours » de Jean-Jacques Annaud est diffusé ce mardi 3 novembre à 21h10 sur 6ter.

Un film de 1988 devenu un classique du cinéma animalier, accessible à toute la famille.

Annaud, orfèvre des grands espaces

Avec « L’Ours », Jean-Jacques Annaud poursuivait une œuvre marquée par le goût des tournages ambitieux et des univers immersifs. Après « La Guerre du feu », déjà porté par un récit presque sans dialogue compréhensible, le cinéaste confirmait son attrait pour les histoires où l’image et le son priment sur les mots. Cette cohérence artistique a fait de lui l’un des réalisateurs français les plus reconnus à l’international.

Le film repose sur un travail colossal avec les animaux, confiés à des dresseurs chevronnés et filmés sur de longues périodes pour capter des comportements naturels. Cette patience se ressent à l’écran : les deux ours semblent véritablement jouer une histoire, au point de faire oublier la mécanique du tournage.

Récompensé et plébiscité à sa sortie, « L’Ours » a durablement influencé le cinéma animalier et nourri des vocations. Sa réputation de film familial exigeant, à la fois accessible et d’une grande beauté formelle, explique qu’il revienne régulièrement à l’antenne et continue de séduire de nouveaux spectateurs.

ChaîneJour et dateHoraireTypeRéalisationAnnée
6terMardi 3 novembre 202621h10Prime time / filmJean-Jacques Annaud1988