Parasite revient à la télévision ce mercredi 10 juin sur Arte. Réalisé par Bong Joon-ho, le film sud-coréen sorti en 2019 a marqué l’histoire du cinéma en remportant la Palme d’or à Cannes, puis quatre Oscars, dont celui du meilleur film. Derrière son dispositif de thriller social, le long-métrage raconte surtout une guerre des classes qui avance sans bruit avant de tout faire exploser.
Une famille pauvre dans la maison des riches
Parasite suit la famille Kim, qui vit dans une grande précarité. Ki-taek, son épouse et leurs deux enfants survivent de petits boulots et cherchent une issue à leur situation. L’occasion arrive lorsque le fils obtient une place de professeur particulier d’anglais auprès de la fille d’une famille très aisée, les Park.
À partir de cette première entrée dans la maison, les Kim mettent en place un stratagème pour infiltrer progressivement le quotidien des Park. Chaque membre de la famille se fait embaucher sous une fausse identité, en prétendant ne pas connaître les autres. Le plan fonctionne, jusqu’à ce que la mécanique sociale, familiale et morale du film déraille.
Un thriller social devenu un phénomène mondial
Parasite ne se réduit pas à son intrigue. Bong Joon-ho construit un film qui passe de la comédie noire au suspense, puis au drame, sans perdre son fil principal : l’écart brutal entre deux mondes qui se croisent sans jamais vraiment se comprendre.
La maison des Park devient le décor central du récit. Elle représente le confort, l’espace, la lumière et la distance sociale. À l’inverse, le logement des Kim renvoie à l’enfermement, à l’humidité et à la survie quotidienne. Le film oppose ces deux espaces sans discours appuyé, en laissant les détails matériels raconter la violence de l’inégalité.
Cette précision explique en partie la force durable du film. Parasite parle de la Corée du Sud, mais son sujet dépasse très largement son pays d’origine. Il observe la façon dont les plus pauvres deviennent invisibles, utiles ou gênants selon les besoins des plus riches.
Un casting devenu emblématique
Le film repose sur une distribution chorale. Song Kang-ho incarne Kim Ki-taek, le père de famille. Choi Woo-shik joue son fils, tandis que Park So-dam interprète sa fille. Face à eux, Lee Sun-kyun et Cho Yeo-jeong incarnent le couple Park.
Bong Joon-ho dirige ces personnages sans les réduire à des symboles. Les Kim ne sont pas uniquement des victimes, et les Park ne sont pas seulement des caricatures de privilégiés. Le film installe sa gêne dans cette zone trouble, où chacun agit selon sa place, ses intérêts et ses angles morts.
Un film historique pour le cinéma sud-coréen
Présenté au Festival de Cannes en 2019, Parasite a remporté la Palme d’or à l’unanimité du jury. Le film a ensuite connu une trajectoire internationale rare pour une œuvre non anglophone. Aux Oscars 2020, il a reçu quatre récompenses majeures : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario original et meilleur film international.
Cette victoire a fait de Parasite le premier film non anglophone à remporter l’Oscar du meilleur film. Le succès du long-métrage a aussi renforcé la visibilité mondiale du cinéma sud-coréen, déjà reconnu par les cinéphiles mais rarement placé à ce niveau dans les grandes cérémonies américaines.
Parasite est à revoir sur Arte le 10 juin, pour redécouvrir un film qui transforme une histoire d’infiltration en radiographie implacable des rapports sociaux.
Quand Parasite est-il diffusé sur Arte ?
Parasite est diffusé le mercredi 10 juin sur Arte.
Qui a réalisé Parasite ?
Parasite a été réalisé par Bong Joon-ho, cinéaste sud-coréen également connu pour Memories of Murder, The Host et Snowpiercer.
De quoi parle Parasite ?
Parasite raconte comment une famille pauvre infiltre progressivement la maison d’une famille riche en se faisant embaucher sous de fausses identités.
Quels prix a remporté Parasite ?
Parasite a remporté la Palme d’or au Festival de Cannes 2019 et quatre Oscars en 2020, dont l’Oscar du meilleur film.

