Le magazine Nous, les Européens pose une question qui agite tout un pays : et si l’Islande devenait le 28e membre de l’Union européenne ? Diffusé sur France 2 et disponible en replay sur france.tv, ce numéro présenté par Eléonore Gay explore les coulisses d’un débat brûlant, à quelques semaines d’un référendum décisif.

L’Islande à l’heure du choix européen

C’est un rendez-vous que toute une nation attend : le 29 août, les Islandais sont appelés aux urnes pour dire s’ils souhaitent rouvrir les négociations d’adhésion à l’Union européenne, gelées depuis le milieu des années 2010. Le scrutin ne porte pas encore sur l’entrée dans l’Union — un éventuel traité d’adhésion ferait, lui, l’objet d’un second vote — mais il pourrait relancer un processus abandonné il y a plus de dix ans. Dans ce numéro, Nous, les Européens prend le pouls d’une opinion partagée et remonte le fil d’une relation compliquée entre la petite république nordique et le continent.

Fidèle à sa méthode — un reportage suivi de rencontres sur le terrain —, le magazine donne la parole aux Islandais eux-mêmes. Eléonore Gay y recueille les mots de la Première ministre Kristrún Frostadóttir, dont la coalition de centre gauche a porté ce référendum, mais aussi ceux de pêcheurs, de garde-côtes et de citoyens partagés entre attachement à la souveraineté et désir de sécurité.

La pêche représente près d’un quart du produit intérieur brut islandais : c’est tout l’enjeu d’un référendum scruté de près depuis Bruxelles.

La pêche, nerf de la guerre

Si l’Islande hésite tant, c’est d’abord une question de poissons. La pêche pèse environ 25 % du produit intérieur brut du pays : intégrer l’Union européenne signifierait, pour les armateurs islandais, partager le contrôle de leurs eaux et se plier à la politique commune de la pêche. C’est précisément ce point de blocage qui avait conduit Reykjavik à retirer sa candidature au milieu des années 2010. Aujourd’hui encore, Islandais et Européens cherchent un compromis : des exemptions et un régime dérogatoire pour les pêcheurs figurent au cœur des discussions, tant la maîtrise de la ressource halieutique reste un marqueur d’indépendance nationale.

  • La pêche — pilier de l’économie et principal point de friction avec Bruxelles
  • La souveraineté — garder la main sur ses eaux territoriales, une ligne rouge historique
  • La sécurité — l’argument montant, dans un contexte géopolitique tendu
  • Le calendrier — un référendum le 29 août, puis, en cas de « oui », de nouvelles négociations

Le contexte

L’Islande avait déposé sa candidature à l’Union européenne à la fin des années 2000, avant de suspendre puis de retirer sa demande. Le référendum du 29 août 2026 ne rouvre pas directement les portes de l’Union : les électeurs se prononcent uniquement sur la reprise des pourparlers. En cas de « oui », les négociations pourraient reprendre, mais aucune adhésion ne serait possible sans un nouveau vote populaire sur le traité final.

Une île sans armée, à la croisée des routes géopolitiques

Au-delà de l’économie, c’est la sécurité qui pousse une partie des Islandais à regarder vers l’Europe. L’Islande est en effet le seul membre de l’OTAN à ne pas disposer d’armée : pour assurer sa défense, elle s’appuie sur l’Alliance atlantique et sur ses garde-côtes. Dans un monde où les équilibres se redessinent et où la fiabilité de certains partenaires est questionnée, l’ancrage européen apparaît, pour beaucoup, comme un gage de stabilité. Le reportage donne à voir cette Islande stratégique, sentinelle de l’Atlantique Nord, dont le choix d’août pourrait résonner bien au-delà de ses côtes.

Signé de la rédaction du magazine, ce numéro illustre l’ambition de Nous, les Européens : partir d’une question commune aux quelque 450 millions d’habitants du continent pour raconter, pays après pays, ce qui fait — ou défait — l’Europe d’aujourd’hui.

Quand et où regarder

ChaîneFrance 2
DiffusionJeudi 18 juin 2026
HoraireDeuxième partie de soirée
Streaming / replayfrance.tv
FormatMagazine de reportage sur l’Europe (40 min)
PrésentationEléonore Gay