Comment regarder, près de soixante ans plus tard, l’une des affaires qui ont le plus divisé la France ? Dans le cadre de « 13h15 le dimanche », France 2 propose « Gabrielle Russier », une série documentaire en quatre volets diffusée le dimanche 20 septembre à 14h05, également disponible sur france.tv.

Une affaire qui a bouleversé la France
À la fin des années 1960, à Marseille, Gabrielle Russier est une professeure de lettres agrégée, appréciée de ses élèves et passionnée de littérature. Dans l’effervescence de Mai 68, une relation naît entre l’enseignante et l’un de ses élèves, Christian Rossi, alors adolescent. Le couple refuse de se cacher. Choqués, les parents du jeune homme portent plainte pour « détournement de mineur », déclenchant un engrenage judiciaire qui conduira la jeune femme en détention provisoire puis devant le tribunal. Épuisée par ces épreuves et par la perspective d’un nouveau procès, Gabrielle Russier met fin à ses jours le 1er septembre 1969, à l’âge de 32 ans. Sa mort provoque une immense émotion et un débat public d’une rare intensité sur la justice, la morale et la liberté d’aimer.
Interpellé sur l’affaire, le président Georges Pompidou rompit avec la réserve traditionnelle des chefs de l’État en citant un poème de Paul Éluard.
Le regard du documentaire
Ni réquisitoire ni plaidoyer : la série fait le choix de la nuance. Elle convoque historiens, écrivains et spécialistes du droit pour éclairer, dans toute sa complexité, une histoire qui n’a jamais cessé d’interroger. Le fil rouge est explicite : que dit cette affaire à une époque où les notions de consentement et d’emprise se trouvent au cœur du débat public ? Loin de romancer, le récit déroule les faits et les met en perspective. Présenté par Laurent Delahousse au sein de « 13h15 le dimanche », ce programme en quatre épisodes est signé Émilie Lançon, Félix Albert et Julie Torkomyan, et produit par Bo Travail.
- Épisode 1 — La rencontre : la rentrée 1967 et les débuts d’une enseignante atypique, sur fond de Mai 68.
- Épisode 2 — Une liaison dangereuse : le choix de vivre la relation au grand jour et l’opposition des familles.
- Épisode 3 — La justice et la morale : la plainte, l’incarcération et l’engrenage judiciaire.
- Épisode 4 — La France pleure : le procès, l’appel du ministère public et l’onde de choc nationale.
Une histoire entrée dans la culture populaire
Le drame a profondément marqué son époque et durablement inspiré les artistes. En 1971, André Cayatte porte l’histoire à l’écran avec « Mourir d’aimer », film porté par Annie Girardot : transposé dans une autre ville et sous d’autres noms, il rassemble près de six millions de spectateurs et devient l’un des plus grands succès de l’année, récompensé par le Grand Prix du cinéma français. La même année, Charles Aznavour signe une chanson du même titre, devenue un classique de son répertoire. Autant de traces qui expliquent pourquoi le nom de Gabrielle Russier reste, aujourd’hui encore, associé à un questionnement collectif jamais tout à fait clos.
Le contexte
Mai 68 avait fait de la liberté individuelle et du « droit d’aimer autrement » un mot d’ordre d’une partie de la jeunesse. C’est dans cette société en pleine mutation, encore régie par des lois et des représentations morales très différentes des nôtres, que l’affaire éclate — ce qui explique en partie l’ampleur du choc qu’elle a provoqué.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 2 |
| Diffusion | Dimanche 20 septembre à 14h05 |
| Rendez-vous | « 13h15 le dimanche », présenté par Laurent Delahousse |
| Streaming / replay | france.tv |
| Format | Série documentaire, 4 épisodes |
En écho, une chanson devenue un classique
Parmi les œuvres que l’affaire a inspirées, la chanson de Charles Aznavour demeure la plus célèbre.
« Quel regard porter sur cette histoire près de 60 ans plus tard, alors que les notions de consentement et d’emprise sont désormais au cœur des débats ? »
13h15 le dimanche

