France 3 diffuse « Pour une poignée de dollars » ce lundi 17 août 2026 à 21h10. Ce western signé Sergio Leone, premier volet de la légendaire « trilogie du dollar », révèle Clint Eastwood en cavalier taciturne qui débarque dans une ville frontalière rongée par la haine et décide d’en tirer profit. Une soirée idéale pour redécouvrir le film qui a bouleversé le genre et lancé deux carrières mythiques.

Un étranger, deux clans et un pari cynique

Dans la petite ville de San Miguel, perdue près de la frontière mexicaine, deux familles rivales se disputent le contrôle du bourg : les Baxter, qui trafiquent les armes, et les Rojo, qui écoulent l’alcool. Quand un mystérieux étranger arrive à cheval, il comprend vite que cette guerre larvée peut lui rapporter gros. Impassible, cigarillo aux lèvres et poncho sur les épaules, il vend ses services aux deux camps, dresse les bandits les uns contre les autres et attise les rivalités jusqu’au point de non-retour.

Le personnage n’a pas vraiment de nom : on l’appelle Joe, mais il restera dans l’histoire du cinéma comme « l’homme sans nom ». Sa morale trouble, son goût de l’argent et son sang-froid tranchent radicalement avec le héros vertueux du western américain classique. C’est cette ambiguïté, portée par un regard glacial et des silences interminables, qui a fait de Clint Eastwood une icône instantanée.

Un homme sans nom, un poncho et un cigarillo : la naissance de l’une des figures les plus imitées du cinéma du XXe siècle.

Pour une poignée de dollars
Pour une poignée de dollars — visuel (France 3)

Sergio Leone, Clint Eastwood et Ennio Morricone

Sorti en 1964, « Pour une poignée de dollars » est le premier long métrage de la « trilogie du dollar », complétée par « Et pour quelques dollars de plus » (1965) et « Le Bon, la Brute et le Truand » (1966). À sa sortie, Sergio Leone se cache derrière le pseudonyme américain Bob Robertson, une pratique courante à l’époque pour donner un vernis hollywoodien à ces productions européennes. Le compositeur Ennio Morricone, lui, est crédité sous le nom de Dan Savio et livre une partition sifflée, tendue et instantanément reconnaissable qui deviendra l’une des signatures sonores les plus célèbres du cinéma.

Aux côtés de Clint Eastwood, alors quasi inconnu du grand public, on retrouve l’actrice allemande Marianne Koch et l’Italien Gian Maria Volontè, redoutable en chef de clan. Le tournage se déroule loin de l’Ouest américain : c’est dans le désert d’Almería, en Espagne, ainsi que dans les décors naturels de la région, que Leone recompose son Far West de pierraille et de poussière.

  • Réalisation : Sergio Leone, crédité au générique sous le nom de Bob Robertson.
  • Musique : Ennio Morricone, signant sous le pseudonyme Dan Savio.
  • Distribution : Clint Eastwood, Marianne Koch et Gian Maria Volontè.
  • Décor : le désert d’Almería, en Espagne, transformé en Far West.

Dans les coulisses : un remake, un procès et un triomphe

Ce que tous les spectateurs ne savent pas, c’est que « Pour une poignée de dollars » est une adaptation officieuse de « Yojimbo (Le Garde du corps) », le film de sabre réalisé en 1961 par Akira Kurosawa. La structure du récit, le mercenaire solitaire qui joue deux camps l’un contre l’autre, est directement transposée du Japon féodal vers la frontière mexicaine. La ressemblance était si flagrante que la société de production japonaise Toho intenta un procès. Kurosawa écrivit personnellement à Leone, saluant un très beau film tout en rappelant qu’il s’agissait du sien. L’affaire se régla à l’amiable : le cinéaste japonais obtint un pourcentage des recettes et, dit-on, gagna davantage d’argent avec cet accord qu’avec son propre film.

À sa sortie, le film reçoit un accueil critique mitigé, la presse spécialisée se montrant peu tendre avec ce western « à l’italienne ». Le public, lui, ne s’y trompe pas : le succès est phénoménal en Europe. Ce triomphe, inattendu pour un long métrage porté par un acteur alors méconnu, lance la carrière internationale de Clint Eastwood et impose Sergio Leone comme un maître du genre. La reconnaissance critique viendra plus tard, portée par le succès des deux autres volets de la trilogie.

À retenir

« Pour une poignée de dollars » est le film fondateur du western spaghetti. Réalisé par Sergio Leone en 1964, porté par la musique d’Ennio Morricone et le charisme silencieux de Clint Eastwood, il a réinventé les codes du genre et ouvert une trilogie devenue culte. À voir ou à revoir ce lundi 17 août sur France 3.

Quand et où regarder

ChaîneJourHoraireTypeGenre / Année
France 3Lundi 17 août 202621h10Première partie de soiréeWestern (1964)

Une occasion rare de retrouver sur grand écran de télévision ce classique absolu, où chaque plan, chaque regard et chaque note de musique participent à la légende. Un rendez-vous incontournable pour les amateurs de western comme pour les curieux qui découvriront enfin le film qui a tout déclenché.

La bande-annonce