France 4 propose samedi 8 août à 21.00 « Le Dernier des Juifs », le premier long-métrage de Noé Debré. Cette comédie douce-amère, portrait d’un fils et de sa mère derniers Juifs de leur cité, reste disponible pendant 30 jours sur france.tv.

Bellisha a la petite vingtaine et mène une existence tranquille de « jeune retraité » aux côtés de sa mère, Giselle. Dans leur cité de banlieue, la synagogue a fermé et la dernière épicerie casher va suivre : les voilà, officiellement, les derniers Juifs du quartier. Quand Giselle en prend conscience et se persuade qu’il faut partir, Bellisha préfère la rassurer en faisant mine de préparer un départ qui n’arrivera jamais. De ce point de bascule intime, Noé Debré tire une fable tendre sur la disparition d’un monde, entre amour fusionnel, derniers repères et éclats d’espoir.

Une traversée poétique de la fin d’un monde

Loin du film à thèse, « Le Dernier des Juifs » avance sur une ligne de crête entre humour et mélancolie. Bellisha traverse un décor bien réel — celui d’une cité qui se vide — avec une légèreté presque flottante, cartoonesque, qui donne au récit sa singularité. L’antisémitisme et la question du vivre-ensemble ne sont jamais assénés : ils forment le décor d’un conte doux-amer sur ce que l’on perd quand une communauté s’efface, et sur les liens qui, malgré tout, résistent.

Une traversée moderne et poétique du vide qui s’installe, entre amour fusionnel, derniers repères et éclats d’espoir.

Noé Debré, du scénario à la réalisation

Né à Strasbourg en 1986, Noé Debré s’est d’abord imposé comme l’un des scénaristes les plus en vue du cinéma français. Formé auprès de Thomas Bidegain et de Jacques Audiard, il a notamment co-écrit « Dheepan », Palme d’or au Festival de Cannes 2015. On lui doit aussi la création de la série « Parlement », comédie sur les coulisses de l’Union européenne. « Le Dernier des Juifs » marque son passage derrière la caméra : un premier film qu’il signe seul, à l’écriture comme à la réalisation.

La genèse du projet doit beaucoup à un travail d’enquête. Frappé par un sujet rarement porté à l’écran — le départ progressif des familles juives séfarades de certains quartiers populaires — le réalisateur a mené de longs entretiens en Seine-Saint-Denis, auprès d’habitants de tous âges. Il s’était fixé une règle : que tout, dans le film, découle de témoignages réels. Le résultat est un regard à la fois documenté et profondément romanesque.

Un casting entre révélation et grande comédienne

Face à la caméra, deux générations se répondent. Dans le rôle de Bellisha, le comédien alors inconnu Michael Zindel s’impose comme la véritable découverte du film : son jeu singulier lui a valu de figurer parmi les Révélations des César 2025. À ses côtés, Agnès Jaoui campe Giselle, la mère, apportant toute sa présence et sa justesse à ce duo au cœur du récit. Autour d’eux gravitent notamment Solal Bouloudnine et Eva Huault.

  • Michael Zindel — Bellisha, le fils
  • Agnès Jaoui — Giselle, la mère
  • Solal Bouloudnine — Asher
  • Eva Huault — Mira

Le saviez-vous ?

Sorti en salles le 24 janvier 2024, « Le Dernier des Juifs » a réuni près de 190 000 spectateurs et bénéficié d’un solide accueil critique. Tourné avec un budget resserré d’environ 2,5 millions d’euros, le film a été volontairement filmé dans une image brute, sans filtre artificiel, pour préserver l’authenticité de sa cité. Il est produit par Moonshaker et L’Embellie.

Quand et où regarder

ChaîneDiffusionHoraireStreaming / replayGenre & durée
France 4Samedi 8 août 202621.00france.tv (30 jours)Comédie dramatique — 86 min

La bande-annonce