Le magazine culturel « Le Grand BaZH.art » consacre un numéro spécial à une artiste inclassable : Brigitte Fontaine. Rendez-vous le lundi 9 novembre à 23.30 sur France 4 (et sur france.tv) pour retrouver la chanteuse et poétesse née à Morlaix, entourée de ses amis et de ses admirateurs.
Une icône bretonne pas comme les autres
On la croyait en Bretagne, on la retrouve sur son autre île : l’île Saint-Louis, à Paris, où elle a posé ses valises. Car Brigitte Fontaine est née à Morlaix et a grandi dans le Finistère avant de « monter » à Paris, son bac en poche. Depuis soixante ans, elle bouscule les conventions avec un style absolument inimitable — et c’est précisément pour cela qu’on l’adore. Vingt albums, autant de livres : son œuvre foisonnante a fait d’elle une figure culte, aussi libre que facétieuse.

Soixante ans d’insolence et d’avant-garde
Arrivée à Paris adolescente pour devenir comédienne, Brigitte Fontaine s’est rapidement imposée comme une pionnière. À la fin des années 1960, elle enregistre avec son complice de toujours, le musicien Areski Belkacem, un disque qui restera dans l’histoire. Mêlant poésie parlée, free jazz et musiques du monde, elle invente une forme d’expression radicalement neuve, bien avant que le mot « fusion » n’entre dans le vocabulaire musical.
Artiste engagée, elle fut aussi l’une des signataires du Manifeste des 343 en 1971, en faveur du droit à l’avortement. Longtemps considérée comme une marginale, elle connaît une reconnaissance plus large à partir des années 1990 et devient une inspiration pour des générations entières de musiciens. De Jacques Higelin à Matthieu Chedid, en passant par Étienne Daho, tous ont tenu à croiser sa route.
- Areski Belkacem : son partenaire artistique historique, compositeur de ses textes.
- Étienne Daho : artisan de son album « Genre humain » (1995), qui élargit son public.
- -M- (Matthieu Chedid) : duo marquant sur l’album « Kékéland » au tournant des années 2000.
- Arthur H, Philippe Katerine et la nouvelle garde, jusqu’à Zaho de Sagazan.
Depuis soixante ans, elle bouscule toutes les conventions — et c’est pour ça qu’on l’adore.
Des invités à la hauteur de la légende
Pour ce portrait choral, l’émission réunit amis et passionnés. Parmi eux, le dessinateur et réalisateur Enki Bilal, dont la notoriété explosa avec la trilogie Nikopol au début des années 1980 et qui décrocha le Grand Prix du Festival d’Angoulême en 1987 : il avait réalisé, il y a une dizaine d’années, le clip « Crazy Horse » de Brigitte Fontaine. On croise aussi Benoît Mouchart, biographe de l’artiste, ainsi que des Morlaisiens passionnés, dont l’artiste de street art Zag, auteur d’un spectaculaire portrait de la chanteuse sur un mur de la ville.
Le saviez-vous ?
L’album mythique « Comme à la radio », enregistré à la fin des années 1960 avec Areski Belkacem et les musiciens de l’Art Ensemble of Chicago, est souvent cité comme l’un des premiers ponts entre la chanson française et les musiques du monde. Salué dès sa sortie par l’Académie Charles-Cros, il a inspiré, bien plus tard, des artistes aussi divers que Sonic Youth, Stereolab ou Gotan Project.
Car Brigitte Fontaine n’est pas seulement une chanteuse : elle est aussi écrivaine, dramaturge et poétesse, autrice d’une vingtaine d’ouvrages. Cette double vie, entre scène et écriture, explique sans doute la singularité de ses textes, où l’humour noir côtoie la tendresse et où l’absurde n’est jamais loin. Un univers que l’émission prend le temps d’explorer, loin des clichés qui l’ont trop souvent réduite à sa seule extravagance.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 4 |
| Diffusion | Lundi 9 novembre 2026 |
| Horaire | 23.30 |
| Streaming / replay | france.tv |
| Genre / Durée | Magazine culturel — 52 minutes |
| Émission | Le Grand BaZH.art (réalisation Corentin Pichon) |
Entre hommage et portrait sensible, ce numéro du « Grand BaZH.art » offre une belle occasion de (re)découvrir une artiste qui n’a jamais cessé de surprendre. Du beau, du grand BaZH.art, comme le promet l’émission.

