France 5 poursuit sa saison estivale de « Les 100 lieux qu’il faut voir » avec un épisode inédit, « Les couleurs fauves, de Collioure à Perpignan », diffusé le dimanche 2 août 2026 à 21.00, également disponible en direct et en replay sur france.tv. Cinquante-deux minutes de balade dans les Pyrénées-Orientales, sur les traces des peintres qui y inventèrent le fauvisme.

Le port et le clocher de Collioure baignés par la lumière méditerranéenne des Pyrénées-Orientales
© France Télévisions / Morgane Production

Une échappée estivale au fil des Pyrénées-Orientales

Chaque été, « Les 100 lieux qu’il faut voir » invite à redécouvrir la France loin des sentiers battus, guidée par des enfants du pays passionnés par leur terroir. Pour cette saison, France 5 propose deux épisodes à la suite chaque dimanche, du 12 juillet au 30 août. Le 2 août, la collection met le cap sur la côte catalane pour raconter l’histoire d’une région rendue mondialement célèbre par sa lumière et par deux peintres, Henri Matisse et André Derain. Réalisé par Sam Caro et produit par Morgane Production avec France Télévisions, ce périple de couleurs et de traditions se déroule entre mer et montagne, de Collioure à Perpignan. La soirée se poursuit à 21.50 avec « Massif central, dans les pas de Montaigne ».

Collioure, berceau du fauvisme

Tout commence au printemps 1905. Henri Matisse arrive à Collioure le 16 mai, séduit par ce petit port de pêche catalan et par une clarté que l’on dit capable de « supprimer les ombres ». André Derain le rejoint au début du mois de juillet. De cette rencontre naît une amitié et une collaboration d’une rare fécondité : côte à côte, souvent devant les mêmes paysages saisis sous des angles et à des heures différentes, les deux hommes décident de libérer la couleur de toute contrainte réaliste. Fini les règles héritées du dessin et de la perspective : ils font « chanter » les teintes, appliquées pures et en larges touches. En quelques semaines, cet été-là, ils produisent environ 250 œuvres qui vont bouleverser l’histoire de l’art. Collioure inspire alors à Matisse plusieurs pièces majeures, parmi lesquelles La Fenêtre ouverte et le futur Bonheur de vivre.

Environ 250 toiles en quelques semaines d’été : à Collioure, Matisse et Derain inventent une peinture où la couleur devient reine.

Ces toiles éclatantes, à la violence chromatique parfois jugée inachevée, sont présentées au Salon d’automne de Paris en novembre 1905. Le scandale est immédiat. C’est de cette salle que naît le nom d’un mouvement appelé à marquer le XXe siècle.

Le saviez-vous ?

Le mot « fauves » naît d’une pique du critique Louis Vauxcelles au Salon d’automne de 1905. Découvrant, au milieu des toiles aux couleurs déchaînées de Matisse et de ses amis, une sculpture d’inspiration Renaissance, il lance : « Donatello parmi les fauves ! » La formule fait mouche, la salle devient « la cage aux fauves », et le mouvement tient son nom.

Autour du lieu : de la côte Vermeille au « centre du monde »

Aujourd’hui, cet héritage se parcourt à ciel ouvert. Collioure a aménagé un chemin du fauvisme jalonné de reproductions installées à l’endroit exact où les artistes ont planté leur chevalet, invitant à comparer la toile et le paysage réel. Mais l’épisode ne s’arrête pas au port catalan : il déroule un territoire où la lumière méditerranéenne a partout appelé les peintres et les traditions.

  • Collioure et le chemin du fauvisme : le clocher, les barques catalanes et les criques qui firent chavirer Matisse et Derain.
  • La côte Vermeille : cette côte rocheuse où les Pyrénées plongent dans la Méditerranée, jusqu’à Banyuls-sur-Mer et ses vignobles en terrasses.
  • Céret : surnommée la « Mecque du cubisme », la petite ville a attiré nombre d’artistes et conserve un musée d’art moderne réputé.
  • Perpignan : capitale historique du Roussillon et étape finale du voyage.

Perpignan doit une part de sa légende à un autre géant de l’art : Salvador Dalí. En 1963, sur un quai de la gare de la ville, le peintre surréaliste affirme avoir connu une fulgurance créatrice. Deux ans plus tard, il proclame officiellement la gare de Perpignan « centre du monde », un titre resté attaché à la cité. De la révolution fauve à l’extase dalinienne, ce coin des Pyrénées-Orientales apparaît décidément comme une terre où la lumière a fait naître les plus audacieuses aventures picturales.

ChaîneDiffusionHoraireStreamingFormat
France 5Dimanche 2 août 202621.00france.tvDocumentaire — 52 min