Vendredi 21 août à 21.05, France 5 diffuse un inédit des Routes de l’impossible. Direction le Vanuatu, minuscule archipel perdu dans l’immensité du Pacifique et considéré comme l’un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles au monde. Le documentaire (52 minutes) est aussi proposé sur france.tv.
Un paradis au goût de combat quotidien
Cyclones, séismes, éruptions volcaniques, montée des eaux : au Vanuatu, la beauté des paysages ne fait jamais oublier la menace. Le film de Guillaume Lhotellier suit le quotidien d’habitants qui composent, jour après jour, avec une nature imprévisible et des infrastructures quasi inexistantes. Sur l’île de Malekula, Bosko et son taxi transportent paysans, malades, marchandises et écoliers à travers une jungle où la moindre averse transforme les pistes en bourbiers. Ici, arriver à destination se mérite : les passagers descendent pousser le véhicule embourbé, déplacent les pierres, et l’entraide reste souvent la seule alternative à l’absence de routes.
Sur l’île de Pentecôte, le temps semble suspendu. Les habitants utilisent encore une monnaie coutumière faite de nattes tressées et de défenses de cochons sauvages, qui sert à régler mariages, soins et cérémonies. C’est là aussi qu’Atanas, 22 ans, s’élance dans le vide depuis une tour de 22 mètres, les chevilles simplement retenues par des lianes : le Nangol, rite de bravoure et de passage à l’âge adulte. Plus au nord, sur l’île volcanique d’Ambae, les familles vivent sous la menace permanente du Manaro, dont les éruptions empoisonnent les eaux et poussent certains à l’exil.

Le pays le plus exposé de la planète aux catastrophes naturelles, où l’entraide reste la seule route possible.
Pourquoi le Vanuatu est en première ligne
Le classement n’a rien d’anecdotique : le Vanuatu figure régulièrement en tête de l’indice mondial des risques (WorldRiskIndex) comme le pays le plus vulnérable aux aléas naturels. La géographie explique largement cette exposition. L’archipel se trouve à la fois sur la « ceinture de feu » du Pacifique, zone de forte activité sismique et volcanique, et au cœur d’un couloir cyclonique. À cette exposition physique s’ajoutent la dispersion des îles, la fragilité des infrastructures et une capacité d’adaptation limitée, qui transforment chaque catastrophe en épreuve collective. La montée du niveau de la mer, elle, grignote chaque année un peu plus les terres et les villages côtiers.
Le saviez-vous ? Le Nangol, ancêtre du saut à l’élastique
Le saut pratiqué par Atanas n’est pas une simple démonstration de courage : le Nangol (ou Naghol) de l’île de Pentecôte est considéré comme l’ancêtre direct du saut à l’élastique. La tradition, célébrée chaque année entre avril et juin pour favoriser la récolte des ignames, a fasciné le monde entier au XXe siècle. C’est elle qui aurait inspiré au Néo-Zélandais A. J. Hackett le bungee jumping moderne, popularisé à la fin des années 1980. Autre singularité de la région : les défenses de cochon, dont la courbure est patiemment cultivée pendant des années, y valent bien plus que l’argent et incarnent la richesse et le prestige au sein de la culture kastom.
Le contexte
Depuis plus de vingt ans, Les Routes de l’impossible racontent le monde à travers celles et ceux qui vivent dans ses territoires les plus reculés. Cette nouvelle saison met l’accent sur les bouleversements environnementaux : du Bangladesh à la Mongolie, du Cambodge à la Colombie, elle montre comment le dérèglement climatique transforme, très concrètement, des vies déjà suspendues à la débrouille et au courage.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 5 |
| Diffusion | Vendredi 21 août 2026 |
| Horaire | 21.05 (inédit) |
| Streaming / replay | france.tv |
| Réalisation / Durée | Guillaume Lhotellier — 52 min |
La soirée se prolonge avec deux rediffusions marquantes de la collection : à 21.55, Pérou, vertige dans les Andes, sur ces pistes taillées dans le roc au-dessus des canyons ; puis à 22.50, Équateur, frayeur sur le rail, où des trains de fortune s’enfoncent dans la jungle sur des ponts qui craquent.

