Mardi 17 mars, à partir de 21h10, la chaîne rediffuse « Brice de Nice » et « Brice 3 », dans un hommage qui prend une dimension particulière depuis la disparition de Bruno Salomone, survenue le 15 mars 2026 à l’âge de 55 ans, des suites d’une longue maladie.
L’annonce, confirmée par son agent Laurent Grégoire dans un communiqué à l’AFP, a profondément ému le monde du spectacle. L’acteur et humoriste se battait depuis plusieurs mois contre un cancer, une épreuve qu’il avait choisie de traverser dans la plus grande discrétion, comme l’ont confié plusieurs proches, dont Isabelle Gélinas et Hélène de Fougerolles.
En lui consacrant cette soirée spéciale, M6 ne se contente plus de célébrer une filmographie lumineuse : elle offre au public l’occasion de saluer une dernière fois l’un des visages les plus populaires et les plus généreux de la comédie française, révélateur d’une trajectoire artistique faite d’audace, d’autodérision et d’une capacité rare à se réinventer.
Igor d’Hossegor : le rôle qui marque à la culotte jaune
Le public l’a souvent découvert par ricochet, en satellite comique, mais rarement indifférent. Dans « Brice de Nice » puis « Brice 3 », Salomone prête ses traits (et une bonne dose de mauvaise foi en short blanc) à Igor d’Hossegor, l’ennemi juré de Brice.
Son fameux « Moi c’est Igor. Igor d’Hossegor, cherche pas t’as tort ! » appartient à cette classe de répliques absurdes qui traversent le temps, ressurgissent entre amis et s’inscrivent dans la grande tradition française du nonsense calibré.
Pour M6, le choix de ces deux films ne tient pas seulement du clin d’œil : c’est un rappel du moment où Salomone devient une figure populaire auprès d’un public bien plus large que celui des cafés-théâtres ou des early adopters de l’humour télé des années 90.
D’un café-théâtre à l’autre bout de Kaamelott : Salomone, acteur-satellite devenu pilier
Formé dans l’effervescence des scènes parisiennes au début des années 1990, Salomone explose d’abord dans le collectif Nous Ç Nous, aux côtés d’un certain Jean Dujardin. Le duo se retrouvera plus tard sur les vagues (ou l’absence de vagues) de Brice.
À la télévision, sa carrière épouse les mutations du comique français :
- l’humour de bureau avec Caméra Café,
- la mini-comédie conjugale dans La pire semaine de ma vie,
- la fantaisie chevaleresque de Kaamelott,
- puis le triomphe populaire de Fais pas ci, fais pas ça, où il incarne pendant neuf saisons Denis Bouley, père modèle de normalité… ou d’hypernormalité, selon les jours.
Salomone n’a jamais cherché la posture du comique pur : il cultive plutôt celle de l’acteur élastique, celui que l’on glisse aussi bien dans un rôle de voisin nerveux que dans un univers absurde, et qui s’y épanouit toujours avec une même générosité.
Une soirée M6 en deux temps : le retour du blond (et du bond)
21h10 — Brice de Nice
Film matriciel de James Huth, « Brice de Nice » (2004) repose sur l’immaturité revendiquée de son héros, éternel ado vêtu de jaune qui attend sa vague sur une mer d’huile. Entre chute sociale et quête de reconnaissance, le film devient une balade initiatique aussi déjantée que tendre. Salomone y impose un Igor parfait en antagoniste ridicule, figure aussi outrée que réjouissante de rivalité stérile.
23h00 — Brice 3
« Vous n’avez pas vu le 2 ? Normal, j’l’ai casséééé ! »
On pouvait difficilement imaginer suite plus fidèle à l’esprit originel.
Dans ce troisième opus officiellement dépourvu de second, le monde change mais Brice non. Salomone y reprend son rôle d’Igor, figure intemporelle de l’idiot magnifique, dans une aventure qui capitalise sur le nonsense et l’auto-parodie.

