RMC Story diffuse ce lundi 10 août à 23h45 Alyam, Alyam, œuvre marquante du cinéma marocain signée Ahmed El Maanouni en 1978. Le portrait d’un jeune homme tiraillé entre la terre de ses ancêtres et le rêve d’un ailleurs meilleur.
Entre la terre et l’exil
Dans la région de Casablanca, à Oulad Ziane, les habitants vivent de l’agriculture. Depuis la mort de son père, Abdelwahed est contraint d’assumer les responsabilités de chef de famille, alors qu’il ne rêve que d’une chose : émigrer en France pour se construire un avenir. Sa mère tente de le dissuader de partir, le grand-père s’efforce lui aussi de le ramener à la raison, mais un cousin éloigné, installé en France, lui assure que les papiers nécessaires seront bientôt prêts.
Entre espoir et lassitude, le jeune homme attend son heure, suspendu à une promesse qui tarde à se concrétiser. À travers cette attente, le film capte les tensions d’une société rurale confrontée à la tentation de l’émigration, et le déchirement d’une famille tiraillée entre l’attachement à la terre et l’aspiration au départ.
Une œuvre entre fiction et documentaire
Premier long-métrage de fiction d’Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam se distingue par son approche à la lisière du documentaire. En s’appuyant sur des situations et des visages puisés dans le réel, le cinéaste donne à son récit une authenticité rare et une force presque ethnographique. La caméra épouse le quotidien des paysans, leurs gestes et leurs paroles, pour mieux faire ressentir le poids des choix qui s’imposent à eux.
La bande originale, confiée au groupe emblématique Nass El Ghiwane, ajoute à l’ensemble une dimension musicale et poétique qui a durablement marqué les spectateurs. Cette rencontre entre l’image et une musique enracinée dans la culture populaire contribue à faire du film une œuvre à part, à la fois intime et universelle.
Partir ou rester, obéir aux siens ou suivre son rêve : le dilemme intemporel d’une jeunesse rurale tentée par l’exil.
Une place à part dans l’histoire du cinéma
Alyam, Alyam occupe une position singulière dans l’histoire du septième art. Il fut en effet le premier film marocain sélectionné au Festival de Cannes, en 1978, une reconnaissance majeure qui a contribué à faire connaître le cinéma du pays sur la scène internationale. Le film a également été distingué dans d’autres festivals, confirmant sa portée bien au-delà de ses frontières d’origine.
En traitant frontalement de l’émigration, sujet ô combien sensible et toujours d’actualité, l’œuvre conserve une résonance particulière. Elle donne un visage et une histoire à une question souvent abordée par les chiffres, et rappelle la part d’espoir, mais aussi de renoncement, que recouvre le rêve d’un départ. Une redécouverte précieuse pour qui s’intéresse au patrimoine cinématographique du Maghreb.
Loin des standards du divertissement, ce film exigeant et sensible invite à la contemplation autant qu’à la réflexion. Sa diffusion en deuxième partie de soirée est une belle occasion de s’ouvrir à un cinéma d’auteur trop rarement mis en lumière sur les grandes chaînes.
- Un film marocain d’Ahmed El Maanouni, réalisé en 1978
- Le portrait d’Abdelwahed, jeune paysan qui rêve d’émigrer en France
- Une œuvre entre fiction et documentaire, sur une musique de Nass El Ghiwane
- Premier film marocain sélectionné au Festival de Cannes
À retenir
Alyam, Alyam est diffusé ce lundi 10 août à 23h45 sur RMC Story. Un classique du cinéma marocain de 1978, premier film du pays à Cannes, sur le rêve d’exil d’un fils de paysan.
Quand et où regarder
| Chaîne | Jour | Horaire | Créneau | Genre | Année |
|---|---|---|---|---|---|
| RMC Story | Lundi 10 août 2026 | 23h45 | 2e partie de soirée | Cinéma / drame | 1978 |
Rarement l’attente d’un départ aura été filmée avec autant de délicatesse. En donnant chair à ce dilemme intime, Alyam, Alyam touche à quelque chose d’universel et confirme, plus de quarante ans après sa sortie, la puissance intacte de ce jalon du cinéma maghrébin.

