Paris Police 1910, diffusée sur Canal+, n’est pas une pure invention. Cette troisième saison de la saga créée par Fabien Nury s’inspire d’un fait divers réel : l’affaire Steinheil, un double meurtre survenu à Paris en 1908, devenu l’un des grands scandales judiciaires et médiatiques de la Belle Époque.
Une saison construite autour de l’affaire Steinheil
L’intrigue de Paris Police 1910 prend pour point de départ une affaire qui a réellement marqué le début du XXe siècle. Le 31 mai 1908, Marguerite Steinheil est retrouvée ligotée dans son lit, dans sa maison de l’impasse Ronsin, à Paris. Dans une pièce voisine, son mari Adolphe Steinheil et sa mère sont découverts assassinés.
Marguerite Steinheil est d’abord présentée comme une survivante. Mais le regard de la police, de la presse et de l’opinion publique se tourne rapidement vers elle. Son passé, ses relations et sa réputation alimentent les soupçons. La série reprend cette mécanique : une femme devient le centre d’un récit criminel qui dépasse largement les faits.
Dans la fiction, Evelyne Brochu interprète Marguerite Steinheil, surnommée « Meg ». Jérémie Laheurte retrouve le rôle de l’inspecteur Antoine Jouin, chargé d’une enquête où la vérité judiciaire se heurte aux intérêts politiques et aux récits fabriqués par les journaux.
Qui était Marguerite Steinheil ?
Marguerite Steinheil n’est pas seulement liée au double meurtre de 1908. Elle était déjà connue avant l’affaire, notamment en raison de sa relation supposée avec le président Félix Faure, mort en 1899 dans des circonstances restées célèbres. Cette proximité avec les cercles du pouvoir a contribué à faire d’elle une figure sulfureuse aux yeux de la société de l’époque.
La saison exploite ce passé sans se limiter à la reconstitution. Elle observe la manière dont une femme, déjà exposée aux rumeurs, peut devenir une coupable idéale dans une société dominée par les hommes, la morale publique et la presse à sensation.
Fabien Nury a expliqué avoir travaillé à partir de nombreux articles de presse de l’époque. Il présente cette saison comme un « fake true crime » : le cadre historique est réel, l’affaire Steinheil a bien existé, mais la série y introduit des personnages de fiction et des choix dramatiques pour construire son récit.
Une fiction qui ne copie pas exactement l’histoire
Paris Police 1910 ne prétend pas reproduire l’affaire Steinheil scène par scène. La série prend appui sur l’ossature des faits réels, puis les intègre dans l’univers déjà installé par Paris Police 1900 et Paris Police 1905.
Fabien Nury a indiqué qu’il avait cherché à inventer le moins possible, tout en attribuant certains éléments réels à des personnages fictifs. Cette méthode permet de préserver la puissance historique de l’affaire tout en prolongeant les trajectoires des personnages récurrents de la saga.
Antoine Jouin, Louis Lépine ou Marguerite Steinheil deviennent ainsi les points de contact entre deux logiques : celle du fait divers réel et celle du thriller politique. La série raconte autant une enquête qu’un moment de bascule, dans un Paris où la police, la presse et le pouvoir se surveillent en permanence.
Pourquoi cette affaire a-t-elle autant marqué son époque ?
L’affaire Steinheil a fasciné parce qu’elle rassemblait tous les ingrédients d’un scandale national : un double meurtre, une survivante très exposée, des soupçons changeants, une presse omniprésente et des ramifications politiques. Le procès de Marguerite Steinheil, finalement acquittée faute de preuves, a prolongé cette fascination.
La série Canal+ s’intéresse précisément à cet emballement. Elle montre comment une affaire criminelle peut devenir un spectacle public. Elle interroge aussi la manière dont une époque fabrique ses monstres, ses héroïnes et ses coupables avant même que la justice ne tranche.
Une conclusion historique pour la saga Paris Police
Paris Police 1910 est présentée comme le troisième et dernier volet de la trilogie. Après les tensions de 1900 et de 1905, cette saison referme le parcours sur une affaire où la vérité paraît sans cesse disputée par les intérêts privés, les journaux et les institutions.
Canal+ propose ainsi une saison qui utilise un fait réel pour parler d’un sujet toujours actuel : la transformation d’une affaire judiciaire en récit médiatique. Paris Police 1910 est à découvrir sur Canal+ et myCANAL pour comprendre comment l’affaire Steinheil a nourri cette ultime saison.
Paris Police 1910 est-elle inspirée d’une histoire vraie ?
Oui. Paris Police 1910 s’inspire de l’affaire Steinheil, un double meurtre survenu à Paris le 31 mai 1908.
Qui était Marguerite Steinheil ?
Marguerite Steinheil était une femme du monde liée aux cercles politiques de la Belle Époque. Elle a été soupçonnée après l’assassinat de son mari et de sa mère, avant d’être acquittée faute de preuves.
La série Paris Police 1910 respecte-t-elle exactement les faits ?
Non. La série s’appuie sur des faits réels, mais elle les adapte dans une fiction historique avec des personnages et des situations dramatisés.
Où regarder Paris Police 1910 ?
Paris Police 1910 est diffusée sur Canal+ et disponible en streaming sur myCANAL.

