Disponible dès le mercredi 9 septembre 2026 sur france.tv et sur la chaîne YouTube Slash enquêtes, « Féminin sacré » suit la journaliste Astrig Agopian dans une immersion au cœur d’une mouvance néo-spirituelle en plein essor. Un documentaire d’investigation de 46 minutes réalisé par Nadège Justiniani.

© Slash / France Télévisions

Une enquête née d’une douleur intime

Tout commence par un corps qui dit stop. À 26 ans, Astrig Agopian souffre de douleurs menstruelles invalidantes que la médecine ne parvient ni à diagnostiquer ni à soulager. Faute de réponse, elle fait ce que font des millions de personnes : elle cherche sur les réseaux sociaux. C’est là qu’elle découvre le « féminin sacré », un courant qui invite les femmes à se reconnecter à leur corps, à leur cycle et à une forme de spiritualité, en promettant de retrouver un pouvoir intérieur perdu.

Plutôt que de rester spectatrice, la journaliste décide de s’immerger. Elle participe à des retraites, à des rituels, expérimente les séances de breathwork et les cérémonies, et va à la rencontre d’adeptes comme de femmes qui ont réussi à sortir de la mouvance. De cette double voix — le récit à la première personne et la rigueur du reportage de terrain — naît un film d’investigation qui refuse le jugement facile pour interroger une vulnérabilité universelle.

Du bien-être à l’emprise : ce que révèle le film

Derrière un discours de sororité et de réappropriation du corps, l’enquête met progressivement au jour une face plus sombre. Le documentaire montre comment des promesses de guérison sans fondement, une emprise psychologique diffuse et des dépenses considérables peuvent piéger des personnes fragilisées. Le public visé n’a rien d’anecdotique : ce sont souvent des femmes de 18 à 35 ans, confrontées à un cancer, à l’endométriose, à un deuil ou à une perte d’emploi, qui basculent presque imperceptiblement, sans que leurs proches n’y voient de signal d’alarme.

  • Des promesses de guérison présentées sans aucun fondement médical.
  • Une emprise psychologique qui s’installe au fil des rituels et des retraites.
  • Des dépenses parfois considérables pour accéder aux accompagnements.
  • Une incitation, dans les cas les plus graves, à interrompre les traitements classiques.

Comment faire la différence entre une démarche de bien-être sincère et des pratiques qui exploitent la vulnérabilité ?

Il ne s’agit pas ici de juger les croyances, mais de poser les questions qui dérangent et d’explorer une vulnérabilité universelle.

Nadège Justiniani, réalisatrice

Le contexte

Le « féminin sacré » n’est pas un phénomène marginal. Les autorités françaises chargées de la vigilance contre les dérives sectaires ont consacré, dès leur rapport de 2021, un chapitre entier à cette mouvance, appelant à une prudence particulière. Elles y pointaient des pratiques thérapeutiques non encadrées, coûteuses, et un discours d’émancipation qui peut masquer des objectifs avant tout financiers. En pleine expansion sur les réseaux, le courant illustre une question de fond : notre rapport à la santé et au soin lorsque l’institution médicale échoue à répondre.

Deux regards de journalistes

Le film doit beaucoup au profil de ses deux autrices. Astrig Agopian est une journaliste multimédia qui partage sa vie entre Paris et Erevan, et dont le travail a été diffusé par de grands médias français et internationaux. La réalisatrice Nadège Justiniani, elle, a documenté les soubresauts du monde — du Pérou à l’Afghanistan, de l’Ukraine à la France — en gardant constamment le prisme des femmes. Ce documentaire, produit par Urbania avec la participation de France Télévisions et le soutien du Centre national du cinéma et de l’image animée, prolonge cette démarche en dressant le portrait de toute une génération confrontée au vide et à l’isolement face aux écrans.

Quand et où regarder

DisponibilitéDès le mercredi 9 septembre 2026
france.tv et chaîne YouTube Slash enquêtes
GenreDocumentaire d’investigation immersif
Durée46 minutes
RéalisationNadège Justiniani — incarné par Astrig Agopian (production Urbania)