Mercredi 19 août à 23.00, France 3 et france.tv réunissent dans la case L’heure D deux documentaires d’auteur portés par des femmes : Madame Bodchon part à la retraite, de Neige Pointet, suivi de De brisa y de sol, de Chloé Lecci Lopez. Deux portraits sensibles de la transmission, de la dignité et des solidarités féminines.

Madame Bodchon, la fin d’une époque
Concierge dans le Xe arrondissement de Paris, pleine de vie et au caractère bien trempé, Mme Bodchon s’apprête à partir à la retraite. Après quarante-quatre ans passés dans le même immeuble haussmannien, la nouvelle tombe comme un couperet : sa loge — un minuscule espace d’à peine quinze mètres carrés où elle vit, travaille et observe le monde depuis quatre décennies — va être transformée en local à poubelle. Et Pascale ne sait pas où aller. Installée à Paris en 2020, la réalisatrice Neige Pointet a été happée par l’énergie et l’humour de cette femme, avant de découvrir, derrière le rire, une solitude et l’imminence d’un basculement brutal.
Filmé au plus près, dans l’intimité de la loge, le documentaire assume une présence de confidente : Mme Bodchon parle à la caméra comme à une amie, et cette proximité devient le cœur du film. À travers cette trajectoire singulière, c’est notre rapport aux plus vulnérables, à nos aînés et à celles et ceux que la société rend invisibles, qui est interrogé — une certaine idée de la solidarité et de l’humanité.
Quarante-quatre ans dans le même immeuble, une loge de quinze mètres carrés bientôt transformée en local à poubelle : le portrait d’une invisible.
De brisa y de sol, chanter contre l’exil
En seconde partie de soirée, De brisa y de sol suit Carmen, la grand-mère espagnole de la réalisatrice Chloé Lecci Lopez. Depuis presque quatre-vingts ans, Carmen fait le ménage — chez les autres, chez elle — de sa Murcie natale à Paris, puis en Galice, sur la terre de son mari. Partout, elle chante : c’est sa force, son remède à l’exil. Aujourd’hui, au village, sa voix se mêle à celles de jeunes filles marocaines, elles aussi venues d’ailleurs, qui trouvent dans les airs de leur génération matière à leurs rêves.
Entre flamenco et reggaeton, travail domestique et solidarités féminines, le film met en regard les générations : les aînées portent les traces d’une vie contrainte, les plus jeunes explorent de nouvelles formes d’émancipation. À travers la musique et le quotidien, il rend visibles la force, la créativité et l’affirmation des femmes, par-delà le temps et les migrations.
Le contexte : la case L’heure D
L’heure D est la case documentaire estivale de France 3, un espace de liberté et de regards d’auteurs. Pour sa 11e saison, elle rassemble dix films inédits issus d’une collaboration entre la chaîne nationale et les antennes régionales, autour de l’héritage, de la transmission et de l’identité. Ces deux documentaires en sont une parfaite illustration : co-produits avec ICI Île-de-France et ICI Nouvelle-Aquitaine, ils sont aussi disponibles sur france.tv.
Les fiches des films
- Madame Bodchon part à la retraite — Réalisation : Neige Pointet · Production : Babel Doc (Stéphanie Lebrun) · 60 min · Avec la participation de France Télévisions et ICI Île-de-France
- De brisa y de sol — Réalisation : Chloé Lecci Lopez · Production : Sister Productions (Julie Paratian) · 60 min · Avec la participation de France Télévisions et ICI Nouvelle-Aquitaine
« À travers Pascale, je veux interroger notre rapport aux plus vulnérables, à nos “vieux” et à celles et ceux que la société rend invisibles. »
Neige Pointet, note d’intention
Quand et où regarder
| Chaîne | France 3 |
| Diffusion | Mercredi 19 août 2026 |
| Horaire | 23.00 |
| Streaming / replay | france.tv |
| Genre / Durée | Deux documentaires d’auteur — 60 min + 60 min |
| Case | L’heure D |

