Ce jeudi 10 septembre 2026 à 23h30, Arte propose en deuxième partie de soirée « Carine et le camion à frites », documentaire d’une grande tendresse dans lequel un fils filme sa mère, gérante d’un camion à frites confronté à la menace de la précarité. Un portrait intime qui dit beaucoup de la France des petits métiers et des vies modestes.
Une héroïne du quotidien
Carine a la petite soixantaine et n’a jamais cessé de travailler depuis sa jeunesse. Serveuse, ouvrière puis femme de ménage, elle a fini par investir toutes ses économies dans un camion à frites, baptisé avec malice « Au p’tit creux ». Depuis une dizaine d’années, elle sillonne les routes qui bordent le lac de Serre-Ponçon, du côté de Gap, servant frites, burgers et paninis à des habitués fidèles comme aux touristes de passage.
Derrière la bonne humeur et le sourire, le documentaire révèle la fatigue et l’usure qu’impose une vie de labeur. Le camion, outil de travail et de liberté, est aussi une source d’inquiétude permanente : recalé au contrôle technique et menaçant de tomber en panne, il risque de laisser Carine sans ressources.
Un camion à frites recalé au contrôle technique, et c’est toute une vie de travail qui vacille : le portrait d’une France qui tient bon.Le regard d’un fils sur sa mère
La grande singularité du film tient à la place de son réalisateur. Yann Ducreux filme sa propre mère, avec une proximité et une pudeur que seule permet cette relation. Le documentaire n’a rien d’un reportage distancié : c’est un geste d’amour, une manière de rendre hommage à une femme ordinaire dont le courage force le respect.
Cette intimité donne au film sa force et sa justesse. On partage les journées de Carine, ses gestes répétés, ses échanges avec les clients, mais aussi ses moments de doute et de lassitude. Le camion à frites devient le décor d’un récit universel sur le travail, la dignité et la peur de tout perdre.
- Carine, ancienne serveuse et femme de ménage devenue gérante d’un food truck.
- Un camion baptisé « Au p’tit creux », menacé par une panne fatale.
- Un documentaire réalisé par son propre fils, Yann Ducreux.
Un documentaire sur la précarité ordinaire
Au-delà du portrait, « Carine et le camion à frites » dresse le constat plus large des ravages que la précarité inflige aux corps et aux esprits. Le film montre comment une petite entreprise, fruit d’années d’efforts, peut être fragilisée par un simple contretemps mécanique, faute de moyens pour y faire face.
Sans misérabilisme, avec une tendresse poétique, le réalisateur donne à voir une réalité que partagent de nombreux travailleurs indépendants et modestes. Il transforme une histoire singulière en témoignage sensible sur la France de ceux qui tiennent bon, coûte que coûte.
Une case documentaire fidèle à l’esprit d’Arte
En programmant ce film dans sa soirée, Arte confirme son attachement au documentaire de création et aux récits humains ancrés dans le réel. Le format, court et intense, se prête à une découverte en deuxième partie de soirée, propice à l’émotion et à la réflexion.
« Carine et le camion à frites » offre ainsi un moment rare : celui d’une rencontre avec une femme attachante, dont l’histoire résonne bien au-delà des rives du lac de Serre-Ponçon. Un documentaire qui rappelle la valeur des existences discrètes et la force de ceux qui les vivent.
À retenir
« Carine et le camion à frites » est diffusé ce jeudi 10 septembre à 23h30 sur Arte, en deuxième partie de soirée. Réalisé par Yann Ducreux, ce documentaire intime suit sa mère, gérante d’un food truck au bord du lac de Serre-Ponçon, menacée par la précarité.
Quand et où regarder
| Chaîne | Jour et date | Horaire | Type | Genre | Réalisation |
|---|---|---|---|---|---|
| Arte | Jeudi 10 septembre 2026 | 23h30 | 2e partie de soirée | Documentaire | Yann Ducreux |

