Ce mercredi 4 novembre 2026 à 23h35, Arte propose La chimère, le film d’Alice Rohrwacher avec Josh O’Connor, présenté en compétition au Festival de Cannes.
Un pilleur de tombes hanté
Dans l’Italie des années 1980, Arthur, archéologue anglais au charme désabusé, possède un don singulier : il sent la présence des tombes étrusques enfouies sous la terre. Autour de lui gravite une bande de tombaroli, ces pilleurs qui revendent les trésors arrachés au passé. Mais Arthur est surtout hanté par le souvenir d’un amour perdu, Beniamina, qu’il cherche à retrouver par-delà le monde des vivants.
Entre conte poétique et fable sociale, La chimère suit cet antihéros mélancolique dans une quête qui tient autant de l’aventure que du deuil. Alice Rohrwacher mêle le trivial et le sacré, le burlesque et l’élégie, pour composer une œuvre envoûtante sur notre rapport au passé, aux morts et à ce qui ne se monnaie pas.
Le geste d’une cinéaste singulière
Josh O’Connor, révélé par la série The Crown, trouve ici un rôle à sa mesure, tout en fêlures et en élégance. À ses côtés, on retrouve Carol Duarte, Isabella Rossellini en vieille dame excentrique, et Alba Rohrwacher. Le film est tourné dans une lumière granuleuse, à la texture de pellicule, qui lui donne son caractère de rêve éveillé.
Alice Rohrwacher, l’une des voix les plus personnelles du cinéma italien contemporain, confirme avec La chimère son art de mêler réalisme magique et ancrage dans la terre. Présenté en compétition à Cannes, le film a séduit par sa liberté de ton et sa beauté plastique, loin des sentiers battus.
À retenir
La chimère (2023) est réalisé par Alice Rohrwacher, avec Josh O’Connor, Carol Duarte et Isabella Rossellini. Présenté en compétition au Festival de Cannes, le film est diffusé sur Arte et disponible sur sa plateforme.
Une fable sur le temps
Au fond, La chimère parle de ce que l’on cherche et de ce que l’on perd. Les tombes qu’Arthur profane deviennent la métaphore d’un passé que l’on dérange, d’un deuil impossible et d’une quête de sens dans un monde qui a tout monétisé. La cinéaste y glisse une réflexion douce-amère sur la beauté, la cupidité et la mémoire.
Œuvre exigeante mais généreuse, le film récompense le spectateur qui accepte de se laisser porter. Sa diffusion en deuxième partie de soirée sur Arte est une belle occasion de découvrir un cinéma d’auteur ambitieux, servi par un comédien en pleine ascension.
Alice Rohrwacher poursuit avec La chimère une œuvre cohérente et personnelle, attentive aux marges, aux paysages et à la mémoire des lieux. Son cinéma, souvent tourné en pellicule, cultive une esthétique artisanale qui tranche avec les productions lisses et contribue à ce sentiment de conte hors du temps qui caractérise le film.
Autour de Josh O’Connor, la réalisatrice réunit une troupe hétéroclite et attachante, où le burlesque n’est jamais loin du tragique. Cette tonalité singulière, entre rire et mélancolie, fait de La chimère une proposition de cinéma rare, qui s’adresse autant au cœur qu’à l’intelligence du spectateur.
Pourquoi découvrir ce film
- Josh O’Connor, impérial en archéologue hanté.
- Le réalisme magique d’Alice Rohrwacher.
- Une sélection en compétition au Festival de Cannes.
- Une fable poétique sur le passé, le deuil et l’argent.
Sentir, sous ses pieds, la présence de ce que la terre a enfoui.
Entre conte initiatique et fresque sociale, La chimère est de ces films qui continuent d’infuser longtemps après le générique. Sa beauté plastique, son mélange de gravité et de fantaisie et la présence magnétique de Josh O’Connor en font une proposition de cinéma à part. La programmer en deuxième partie de soirée, c’est offrir au spectateur curieux une parenthèse envoûtante, bien loin des sentiers battus du divertissement télévisé.
Quand et où regarder
| Chaîne | Jour | Horaire | Type | Réalisation | Année |
|---|---|---|---|---|---|
| Arte | Mercredi 4 novembre 2026 | 23h35 | Deuxième partie de soirée | Alice Rohrwacher | 2023 |

