La case documentaire « L’heure D » réunit le lundi 10 août 2026, à partir de 23.25 sur France 3 et sur france.tv, deux films d’auteur portés par un même souffle intime : « Élever au grain » d’Alice Godart et « Végapolis » de Micha Barban-Dangerfield. Deux lieux, deux jeunesses, une même mélancolie du temps qui passe.

« Élever au grain » : une fille, un père et une ferme qui s’éteint
Étienne partage sa vie entre son élevage de volailles, à l’avenir très incertain, et sa passion pour la moto. Alors que la fin de la ferme se dessine, sa fille Alice y revient, caméra au poing, pour tenter d’explorer une relation marquée par la distance. Entre poulets et moteurs, la réalisatrice piste ce lien abîmé par le travail et cherche à le transformer. En partant de l’intime, « Élever au grain » ouvre un regard plus large sur la réalité souvent tragique des agriculteurs d’aujourd’hui. La ferme y devient un troisième personnage : elle pèse sur les corps et les relations, mais s’affirme aussi comme un territoire vivant, chargé de la mémoire d’une enfance et d’une transmission. Portée par une voix off tendre, l’épopée familiale se déploie sans misérabilisme, mêlant la rudesse du réel à des éclats d’humour et de poésie.
« Végapolis » : l’adolescence sur la glace
Changement de décor avec « Végapolis ». À Montpellier, Nao, Morgane et leur bande sont les habitués de la patinoire la plus fréquentée de France. Chaque semaine, ils se perdent entre lasers et nuages des machines à fumée, jonglant entre basses saturées et chuchotements complices. Sur la glace, ces adolescents trouvent refuge dans un entre-soi précieux. Mais derrière la joie contagieuse grandit déjà un sentiment de fin : bientôt, ils n’iront plus à la patinoire, et le Végapolis, comme leur adolescence, ne sera plus qu’un souvenir. Le réalisateur, Micha Barban-Dangerfield, filme un lieu qu’il a lui-même fréquenté adolescent avant de le redécouvrir presque intact — « une île magique où le monde extérieur pouvait complètement disparaître ».
Autour des films : Végapolis, un phénomène montpelliérain
Ouverte en décembre 2000 dans le quartier ludique et commercial d’Odysseum, la patinoire Végapolis est aujourd’hui la plus fréquentée de France. Avec ses deux pistes et quelque 3 200 m² de glace, elle associe une piste olympique de 1 800 m² (60 × 30 mètres), dotée de gradins pouvant accueillir jusqu’à 2 400 spectateurs, à une rare piste « ludique » de 1 300 m², parcourue de dénivelés, d’un tunnel lumineux et d’espaces à thèmes. Ce cadre singulier explique l’attachement quasi affectif qu’il suscite chez ses habitués — matière première du film.
- « L’heure D », la case documentaire d’auteur de France 3
- « Élever au grain » (Alice Godart), 70 minutes
- « Végapolis » (Micha Barban-Dangerfield), 71 minutes
- Une soirée disponible également sur france.tv
Une île magique où le monde extérieur pouvait complètement disparaître.
Micha Barban-Dangerfield, réalisateur de « Végapolis »
Le saviez-vous ?
Inaugurée en 2000, la patinoire Végapolis est l’une des rares en France à disposer d’une piste dite « ludique », avec dénivelés et tunnel lumineux, en plus de sa piste olympique. Sa fréquentation record en fait un véritable lieu de vie pour la jeunesse montpelliéraine.
Quand et où regarder
| Chaîne | France 3 (et france.tv) |
| Diffusion | Lundi 10 août 2026, 23.25 |
| Programme | « L’heure D » — double documentaire |
| Films | « Élever au grain » (70′) + « Végapolis » (71′) |
| Genre | Documentaire d’auteur |
Deux récits, une ferme et une patinoire, que rien ne rapproche sinon l’essentiel : la façon dont un lieu façonne ceux qui le hantent, et le vertige doux de le voir disparaître. Avec ces deux films, « L’heure D » confirme son goût pour les regards d’auteurs singuliers.

