Mercredi 26 août à 22.50, France 3 et france.tv proposent, dans sa case documentaire d’été L’heure D, le film de Cathy Dubois Ce qui reste des amours de nos mères. Un récit intime et politique sur l’identité métisse, l’africanité et la construction du regard, porté par les paysages de Bretagne et la musique de Jacques Schwarz-Bart.

Un récit de filiation à la première personne
Le point de départ est une histoire d’amour effacée. Dans la France des années 1950, avant le temps des indépendances, la mère de la réalisatrice — « blonde aux yeux bleus » — a aimé un Sénégalais. Il a disparu avant la naissance de sa fille. De cet homme, il ne reste que la couleur d’une peau et les rencontres, hostiles ou amicales, qu’elle a suscitées tout au long d’une vie. C’est à partir de cette absence que Cathy Dubois construit son film : une plongée dans une « africanité » vécue de l’intérieur, sans ancrage précis mais bien réelle, territoire d’une identité qui refuse toute étiquette.
La dimension politique d’une question intime
Personne à la peau marron ayant grandi dans une famille et un monde de personnes à la peau blanche, la réalisatrice interroge la manière dont son regard sur les autres — et sur elle-même — s’est forgé. À une époque où les personnes métisses étaient rares en France, son métissage fut, dit-elle, une expérience « sans référence », éprouvée à l’instinct, dans la famille, à l’école, au travail, jusque face au miroir. En reprenant sa trajectoire personnelle comme terreau documentaire, elle donne à voir combien les images reçues, perçues et transmises sont déterminantes, et comment une relation coloniale se prolonge aujourd’hui sous des formes d’autant plus actives qu’elles ne sont pas nommées.
Un territoire sans frontière, porté par des images de la Bretagne, de mer et de bateaux rentrant au port.
La bande-son épouse cette géographie sensible : le jazz du saxophoniste Jacques Schwarz-Bart s’y mêle aux bruits de la ville, au souffle du vent et au ressac des vagues. Musicien de renommée internationale, fils des écrivains André et Simone Schwarz-Bart, il apporte au film une couleur particulière, entre héritage antillais et improvisation, en résonance avec le sujet de la transmission.
Le contexte : la case L’heure D
L’heure D est la case documentaire estivale de France 3, un espace de liberté et de regards d’auteurs renouvelé chaque année. Pour sa 11e saison, elle réunit dix films inédits nés d’une collaboration entre la chaîne nationale et les antennes régionales, autour de questions d’héritage, de transmission et d’identité. Diffusés en deuxième partie de soirée depuis le début de l’été, ces documentaires sont également disponibles sur france.tv.
La fiche du film
- Réalisation : Cathy Dubois
- Production : Les Films de la Pluie
- Durée : 70 minutes
- Avec la participation de : France Télévisions et ICI Bretagne
« La déconstruction de mon propre regard ouvre un espace pour d’autres imaginaires que le mien. »
Cathy Dubois, note d’intention
Quand et où regarder
| Chaîne | France 3 |
| Diffusion | Mercredi 26 août 2026 |
| Horaire | 22.50 |
| Streaming / replay | france.tv |
| Genre / Durée | Documentaire d’auteur — 70 min |
| Case | L’heure D |

