France 5 remonte le fil d’une des plus grandes aventures collectives du XXe siècle. Sur la route de Katmandou, documentaire signé Nicolas Autheman, est diffusé le vendredi 25 septembre à 22.45, également disponible sur france.tv.

Images d'archives de la route de Katmandou
© Minimum moderne / France Télévisions

Six mille kilomètres pour changer de vie

Entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1970, des centaines de milliers de jeunes Occidentaux ont pris la route vers Katmandou, à quelque 6 000 kilomètres de chez eux. En voiture, en bus, parfois en stop, cette génération du baby-boom voulait laisser derrière elle le monde de ses parents, celui de la société de consommation, de la colonisation et de la peur de la guerre. Construit à partir de témoignages et d’images amateurs inédites récoltées pendant près d’une décennie, le film fait revivre de l’intérieur cette échappée que l’on surnomma « l’aventure du Bus Magique » ou « la Route de l’Inde ».

Ces images fragiles et joyeuses, souvent d’une réelle qualité cinématographique, révèlent un monde disparu, entre fraternités de voyage et fantasmes politiques. Elles disent aussi un pacifisme qui n’a peut-être rien perdu de son actualité, et rappellent qu’il a existé, dans l’histoire des sociétés, une autre route possible, celle que les voyageurs appelaient simplement entre eux « La Piste ».

Des centaines de milliers de routards, 6 000 kilomètres, une seule destination : Katmandou.

Aux origines de la « Piste »

Le tracé était devenu légendaire, transmis de bouche à oreille d’un voyageur à l’autre. Il reliait Londres ou Amsterdam à l’Asie, en passant par une série d’étapes mythiques : le Pudding Shop d’Istanbul, où l’on échangeait bons plans et adresses, l’hôtel Amir Kabir de Téhéran, la fameuse Chicken Street de Kaboul, puis les plages de Goa et, tout au bout, la Freak Street de Katmandou. Les autobus repeints de motifs psychédéliques et de symboles de paix traversaient ainsi tout un continent, portés par le rêve d’une jeunesse en quête d’ailleurs.

Cet âge d’or n’aura duré qu’une poignée d’années. À la fin des années 1970, la révolution iranienne puis l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan referment brutalement le passage. La route, désormais dangereuse, devient impraticable, et l’utopie du voyage sans fin se referme sur elle-même, laissant derrière elle des souvenirs et ces bobines Super 8 que le documentaire exhume aujourd’hui.

  • Réalisation : Nicolas Autheman
  • Production : Minimum moderne, avec la participation de France Télévisions
  • Genre : documentaire (histoire, société)
  • Matière : témoignages et images amateurs inédites

Le saviez-vous ?

À Katmandou, les voyageurs se retrouvaient dans une artère devenue mythique, rebaptisée « Freak Street » en écho à la contre-culture. Point d’arrivée de la Piste, elle concentrait guesthouses bon marché et cafés, et reste aujourd’hui l’un des rares vestiges de cette époque dans la capitale népalaise.

Une mémoire sauvée de l’oubli

Ce qui fait la singularité du film, c’est sa matière première : des bobines Super 8, des photographies et des carnets de route confiés par celles et ceux qui ont fait le voyage. Pendant près de dix ans, l’équipe a patiemment recueilli ces archives personnelles, souvent restées des décennies au fond d’un tiroir. Assemblées, elles composent un récit choral où chaque témoin raconte sa propre Piste, ses rencontres, ses peurs et ses éblouissements.

Loin d’une imagerie figée, le documentaire restitue la diversité de ces trajectoires : certains partaient chercher une forme de spiritualité, d’autres la liberté ou la fête, d’autres encore fuyaient simplement un avenir tout tracé. En donnant à voir ces gestes intimes, filmés par les voyageurs eux-mêmes, le récit transforme une somme d’aventures individuelles en une véritable mémoire collective d’une génération.

Quand et où regarder

ChaîneFrance 5
DiffusionVendredi 25 septembre 2026
Horaire22.45
Streaming / replayfrance.tv
GenreDocumentaire histoire & société