Ce dimanche 20 septembre à 14h50, TF1 rediffuse dans sa case « Grands reportages » un document consacré aux Compagnonnes du Devoir, ces femmes qui s’imposent depuis vingt ans dans une institution restée exclusivement masculine pendant huit siècles. Le documentaire est disponible en replay sur TF1+.

Huit siècles de tradition masculine

Pendant huit siècles, le compagnonnage a été exclusivement une affaire d’hommes. La force physique exigée par certains métiers du bâtiment, les dangers liés au traditionnel Tour de France des compagnons et le contexte socio-culturel de l’époque rendaient alors impensable l’admission de jeunes femmes dans ces confréries de métiers. Ce n’est qu’à partir de la fin des années 1990, avec la mécanisation croissante des tâches les plus physiques, que des jeunes filles ont commencé à fréquenter en nombre grandissant les cours du soir de l’Association ouvrière des Compagnons du Devoir.

L’institution franchit le pas en 2004, en optant officiellement pour la mixité. La première femme, une tailleuse de pierre, y est reçue compagnonne en 2006. D’autres suivront dans des métiers aussi variés que la tapisserie, l’ébénisterie, la boulangerie ou encore le paysagisme. Vingt ans plus tard, les femmes représentent encore une minorité, autour de 13 % des promotions, signe que l’intégration reste un chemin semé d’obstacles.

Vingt ans après l’ouverture de l’institution à la mixité, les femmes ne représentent encore qu’environ 13 % des promotions de Compagnons du Devoir.

Des parcours de jeunes femmes déterminées

Le documentaire, réalisé par Sophie Rabiller et présenté par Anne-Claire Coudray, suit plusieurs de ces jeunes femmes engagées sur la voie de l’excellence artisanale. Magali, 20 ans, se destine à devenir peintre en bâtiment et doit passer des épreuves exigeantes pour valider son parcours. Juliette, 22 ans, apprentie ébéniste, part se perfectionner pendant un an dans l’atelier d’un designer britannique renommé, à Bangkok. D’autres compagnonnes, comme Marion, l’une des premières femmes menuisières-compagnonnes, dirigent aujourd’hui des maisons régionales de l’institution et s’engagent activement pour convaincre de nouvelles générations de jeunes filles de rejoindre le mouvement.

  • Une institution huit fois centenaire, mixte depuis seulement 2004
  • Première femme reçue compagnonne (tailleuse de pierre) en 2006
  • Environ 13 % de femmes dans les promotions actuelles
  • Des métiers variés : ébénisterie, tapisserie, peinture en bâtiment, boulangerie, paysagisme

Le saviez-vous ?

Le Tour de France des Compagnons du Devoir, étape traditionnelle et quasi initiatique du parcours, conduit aujourd’hui les jeunes apprenties comme leurs homologues masculins à se former dans différentes villes de France, voire à l’étranger, au contact de maîtres reconnus dans leur discipline, avant de pouvoir présenter leur chef-d’œuvre et accéder au titre de compagnon.

Autour du sujet

L’ouverture du compagnonnage aux femmes s’inscrit dans un mouvement plus large de féminisation des métiers manuels et artisanaux, longtemps considérés comme des bastions exclusivement masculins. Si les mentalités évoluent, les compagnonnes rencontrent encore, sur les chantiers ou dans les ateliers, des réflexes et des préjugés hérités de huit siècles d’une tradition pensée par et pour des hommes. Le documentaire de TF1 met en lumière cette transition encore inachevée, à travers des portraits de femmes qui, chacune à leur manière, contribuent à faire évoluer une institution attachée à ses traditions.

Un compagnonnage toujours en évolution

Au-delà de la question de la mixité, le compagnonnage traverse aujourd’hui d’autres mutations : recherche de nouveaux apprentis dans un contexte de tension sur les métiers manuels, adaptation des formations aux enjeux environnementaux du bâtiment, ou encore valorisation des savoir-faire artisanaux auprès d’un public jeune davantage tourné vers les études longues. Dans ce contexte, l’arrivée des femmes est aussi perçue par l’institution comme un moyen de renouveler son image et d’élargir le vivier de candidats potentiels.

Les compagnonnes suivies dans le documentaire racontent un parcours exigeant, ponctué de chefs-d’œuvre à réaliser et d’un Tour de France qui les éloigne parfois plusieurs années de leur famille. Un investissement personnel qu’elles justifient par la passion du geste bien fait et la fierté de transmettre, à leur tour, un savoir-faire qu’elles ont mis des années à acquérir.

Quand regarder ce week-end

JourHoraireCasePartieReplay
Dimanche 20/09/202614h50Grands reportagesTF1+