En deuxième partie de soirée ce mardi 8 septembre 2026 à 23h09, Canal+ Cinéma diffuse « À pied d’œuvre », le drame intime de Valérie Donzelli où Bastien Bouillon incarne un homme prêt à tout sacrifier pour devenir écrivain.
Tout quitter pour écrire
Paul Marquet, photographe quadragénaire au parcours établi, décide de tout abandonner pour se consacrer à l’écriture. Mais le rêve se heurte vite à la réalité : son éditrice lui demande sans cesse de retravailler son texte, le temps passe et ses économies fondent. Refusant de renoncer, Paul choisit de financer sa liberté artistique en s’inscrivant sur une plateforme de services à domicile et en acceptant tous les petits boulots qui se présentent, quitte à basculer peu à peu dans la précarité.
Le film observe, sans jugement, cette descente vers l’insécurité matérielle, et ce que la création exige parfois de sacrifices. Il interroge la valeur que la société accorde au travail artistique et le prix, très concret, de la quête de sens.

Bastien Bouillon en homme au bord du gouffre
Porté par Bastien Bouillon, révélé au grand public ces dernières années et remarqué pour la sobriété de son jeu, « À pied d’œuvre » repose sur une interprétation tout en retenue. L’acteur donne à Paul une dignité fragile, celle d’un homme qui s’accroche à son projet malgré l’humiliation et le doute. Autour de lui, la distribution réunit notamment Virginie Ledoyen, Marie Rivière et André Marcon.
Le film tire sa force de ce contraste entre l’ambition intérieure du personnage et la banalité des tâches auxquelles il se soumet pour survivre, révélant l’écart parfois vertigineux entre l’idéal et le quotidien.
Valérie Donzelli, cinéaste de l’intime
Adapté d’un récit autobiographique, « À pied d’œuvre » est réalisé par Valérie Donzelli, coscénariste avec Gilles Marchand. Présenté en compétition au Festival de Venise en 2025, où il a été distingué pour son scénario, le film confirme le talent de la cinéaste pour les portraits sensibles et les récits qui puisent dans le réel. La mise en scène, épurée, épouse au plus près le parcours de son héros.
Loin du spectaculaire, Donzelli signe une œuvre de la nuance, qui préfère l’observation patiente aux effets, et fait de la précarité un sujet de cinéma à part entière.
Jusqu’où est-on prêt à aller pour vivre de sa passion ? « À pied d’œuvre » ausculte le prix de la liberté.
Pourquoi le voir
- Bastien Bouillon dans un rôle intense et tout en retenue
- Un récit sur la précarité et le prix de la création
- Une adaptation d’un texte autobiographique
- La réalisation sensible de Valérie Donzelli
- Un film primé pour son scénario à Venise
Un drame qui résonne
« À pied d’œuvre » parlera à tous ceux qui se sont un jour demandé ce qu’ils étaient prêts à sacrifier pour un rêve. Sobre et juste, le film évite les facilités pour livrer une réflexion sensible sur le travail, la vocation et la dignité. Une proposition d’auteur exigeante, à découvrir en fin de soirée sur Canal+ Cinéma.
À retenir
« À pied d’œuvre » suit un homme qui sacrifie son confort pour devenir écrivain et sombre peu à peu dans la précarité. Porté par Bastien Bouillon et réalisé par Valérie Donzelli, ce drame intime, primé pour son scénario à Venise, interroge le prix de la création.
| Chaîne | Jour | Horaire | Type | Casting |
|---|---|---|---|---|
| Canal+ Cinéma | Mardi 8 septembre 2026 | 23h09 | 2e partie de soirée | Bastien Bouillon, Virginie Ledoyen |
Le film s’inscrit dans une veine du cinéma français contemporain attentive aux fragilités sociales et aux trajectoires de reconversion. En donnant à voir la face cachée d’une vocation, celle des factures impayées et des renoncements, « À pied d’œuvre » évite l’écueil du récit édifiant pour préférer une vérité plus rugueuse, où le rêve se paie parfois au prix fort. C’est cette honnêteté qui en fait une œuvre marquante.

