Ce mercredi 12 août à 23h20, France 3 propose « Et les poissons volent au-dessus de nos têtes », un documentaire de la réalisatrice Dima El-Horr. Un film contemplatif et primé, tourné sur une plage populaire de Beyrouth, où quelques hommes observent leur pays vaciller.
Une plage comme dernier horizon
Sur une plage publique de Beyrouth fréquentée presque uniquement par des hommes, Réda, Adel, Qassem et leurs compagnons d’infortune passent leurs journées à se baigner, prier, discuter et attendre. Précaires, souvent sans emploi, ils font de ce bord de mer un espace de sociabilité et une bulle d’oxygène, tandis que, en toile de fond, le Liban traverse une crise profonde. Le film capte ces existences suspendues, où la mer devient le seul horizon possible.
Un regard d’autrice
Dima El-Horr signe une œuvre sensible, qui préfère l’observation patiente au commentaire. Loin du reportage d’actualité, le documentaire prend le temps d’installer des visages, des gestes et des silences, pour dire, en creux, l’état d’un pays et l’attente de ceux qui n’ont d’autre choix que de tenir.
- Réalisation : Dima El-Horr
- Genre : documentaire de création
- Lieu : une plage de Beyrouth, au Liban
- Ton : contemplatif, à hauteur d’hommes
La mer pour seul horizon : sur le sable de Beyrouth, quelques hommes regardent un pays s’effriter.
Ce qu’il faut savoir
Le film a été remarqué sur le circuit des festivals : il a notamment reçu une distinction au festival Visions du Réel et le prix du jury étudiant au Festival international Jean Rouch. Tourné sur une longue période, il s’inscrit dans une démarche de cinéma du réel exigeante. Le sujet, sensible, est abordé avec sobriété et sans spectacle, ce qui en fait une proposition forte pour la deuxième partie de soirée.
Le film avance sans commentaire appuyé, laissant les gestes et les paroles des protagonistes dire l’essentiel. Baignade, prière, discussions à l’ombre, longues plages de désœuvrement : cette chronique du quotidien devient peu à peu le miroir d’une société en suspens, où l’attente tient lieu d’horizon. La caméra épouse le rythme lent de ces journées, et c’est de cette patience que naît l’émotion.
Le cinéma du réel à l’honneur
En programmant une telle œuvre en deuxième partie de soirée, France 3 confirme la place accordée au documentaire de création dans le service public. Loin du reportage d’actualité, ce cinéma du réel privilégie le regard d’auteur, le temps long et une exigence formelle qui rapproche le documentaire de la fiction.
Le parcours du film en festivals atteste de cette reconnaissance : sélections et prix témoignent d’une œuvre saluée par les professionnels. Le sujet, la crise que traverse le Liban, est ici abordé de biais, par le prisme de destins individuels, ce qui lui donne une portée universelle.
Une proposition à contre-courant des programmes de flux, qui récompensera les téléspectateurs curieux d’un cinéma sensible et sans esbroufe.
Par sa forme épurée et son refus du spectaculaire, le film demande un peu de disponibilité au spectateur, mais il le récompense par une expérience rare : celle d’un cinéma qui prend le temps de regarder. À l’heure où l’actualité réduit souvent des pays entiers à quelques images, ce documentaire redonne chair et durée à des existences que l’on n’entend jamais, et rappelle la valeur du regard patient.
À retenir
Documentaire primé de Dima El-Horr, « Et les poissons volent au-dessus de nos têtes » observe des hommes vivant au rythme d’une plage de Beyrouth, dans un Liban en crise. À découvrir ce mercredi 12 août à 23h20 sur France 3.
| Info | Détail |
|---|---|
| Chaîne | France 3 |
| Jour | mercredi 12 août 2026 |
| Horaire | 23h20 (2e partie de soirée) |
| Genre | Documentaire de création |
| Réalisation | Dima El-Horr |
| Lieu | Beyrouth, Liban |
| Distinctions | Visions du Réel, Festival Jean Rouch |

