Dimanche 8 août à 22.45, France 5 et france.tv poursuivent la collection « Une maison, un artiste » avec « Marie de Sévigné, l’affranchie de Grignan », un documentaire signé Nathalie Plicot qui pousse les portes du château Renaissance de la Drôme provençale pour retrouver la plus célèbre épistolière du Grand Siècle.
Grignan, refuge d’une plume libre
Le soleil se couche sur le village perché de Grignan, dans la Drôme provençale. C’est dans ce château Renaissance que Marie de Sévigné posa ses bagages lors de trois longs séjours, loin du tumulte parisien. La marquise a quarante-cinq ans lorsque sa vie bascule : sa fille Françoise-Marguerite, jeune épouse du comte de Grignan, quitte Paris pour s’installer définitivement en Provence. Restée seule dans la capitale, madame de Sévigné entame alors avec elle une correspondance de près de huit cents lettres qui passeront à la postérité.

À travers le méandre des chambres et des cabinets privés où l’on se confie, de la galerie et du vestibule où l’on reçoit, de la terrasse où l’on se laisse envelopper par l’heure bleue, le film propose d’entrer dans l’intimité de la marquise. Le château devient une chambre d’écho qui réfléchit ses valeurs de libre-penseuse, transmises à sa fille comme à l’ensemble de ses correspondants.
Marie de Sévigné, chroniqueuse du siècle de Louis XIV
Née à Paris en 1626, Marie de Rabutin-Chantal perd ses parents très tôt et se retrouve veuve à vingt-cinq ans. Dotée d’une culture solide et d’un esprit vif, elle ne publiera jamais le moindre livre de son vivant. Pourtant, quatre cents ans après sa naissance, sa correspondance offre un témoignage cru et incisif sur son époque. Sa fille est loin d’être sa seule destinataire : l’écriture rythme toute sa vie et elle multiplie les échanges avec sa famille et ses amis.
Des grandes affaires criminelles aux nouvelles de la Cour, des indiscrétions sur Versailles aux échos politiques, Sévigné est pour sa fille une véritable chaîne d’information continue, à une époque où la presse écrite n’existe pas encore vraiment. Elle y consigne aussi bien le procès de Fouquet que le mariage de la Grande Mademoiselle ou l’exécution de la marquise de Brinvilliers pendant l’affaire des Poisons.
Près de 800 lettres à sa fille, plus de 1 100 au total : sans jamais publier un livre, la marquise est devenue la plus grande épistolière de la langue française.
Depuis Grignan, la marquise aborde des sujets étonnamment avant-gardistes : éloge du voyage et de l’indépendance financière, réflexions sur le veuvage, l’éducation comme moyen d’émancipation, ou encore le divorce. Autant de thèmes qui font entendre, dans un XVIIe siècle cadenassé, une singulière voie d’affranchissement pour les femmes.
Le château de Grignan, écrin de la marquise
Perché sur son piton rocheux, le château domine la plaine de la Drôme provençale. Forteresse médiévale des Adhémar, il fut transformé à la Renaissance en une prestigieuse demeure de plaisance. C’est là que la marquise venait retrouver sa fille et son gendre, totalisant près de quatre années passées en Provence.
- Un château d’origine médiévale, remanié en résidence Renaissance par la famille des Adhémar.
- Trois longs séjours de Marie de Sévigné, échelonnés sur plus de vingt ans.
- Une terrasse panoramique et une façade classique parmi les plus remarquables du sud-est.
- Aujourd’hui géré par les Châteaux de la Drôme, il accueille chaque été un festival et de nombreux visiteurs.
Le saviez-vous ?
C’est au château de Grignan que Marie de Sévigné s’éteint le 17 avril 1696, à l’âge de soixante-dix ans, auprès de sa fille. Elle est inhumée dans la collégiale Saint-Sauveur, au pied du château, dans le caveau des Adhémar. Son tombeau fut profané en septembre 1793, pendant la Révolution ; sa mémoire, elle, ne quitta jamais les lieux.
Une gloire littéraire née après sa mort
Le paradoxe de Sévigné tient à sa postérité : elle n’a rien voulu publier, mais son œuvre s’est imposée à titre posthume. Quelques lettres paraissent dès la fin du XVIIe siècle, avant une première édition en 1725. C’est surtout sa petite-fille, Pauline de Simiane, qui décide de faire éditer officiellement la correspondance, confiée à l’éditeur aixois Denis-Marius Perrin : plusieurs centaines de lettres sont publiées à partir de 1734, puis complétées au fil du siècle. La marquise devient alors un modèle du genre épistolaire, étudié et admiré pour la vivacité de son style autant que pour la valeur historique de ses observations.
Un documentaire porté par la voix d’Agnès Jaoui
Pour donner corps à la marquise, le film confie à Agnès Jaoui la lecture des citations de Marie de Sévigné. Historiennes, dramaturges et guides du château se relaient pour éclairer le personnage et son époque, parmi lesquelles Nathalie Freidel, autrice de Sévigné, dans le cercle des femmes, la metteuse en scène Aurore Evain, ou encore les équipes du château de Grignan. Un portrait sensible, à la croisée de la littérature, de l’histoire et du patrimoine.
| Chaîne | Diffusion | Horaire | Streaming / replay | Durée |
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| France 5 | Dimanche 8 août 2026 | 22.45 | france.tv | 26 min |

